Alzheimer : projet de décret

Le 5 février 2005, par Louis LEVY,

PARIS, 3 septembre (APM) - Un projet de décret d’application de la loi réformant l’assurance maladie visant à réactualiser la liste des affections de longue durée, examiné vendredi par la caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), prévoit de faire de la maladie d’Alzheimer et les autres démences apparentées comme une ALD spécifique.

La maladie d’Alzheimer, dont l’incidence est pourtant croissante, n’était pas inscrite en tant que telle dans la liste des affections de longue durée.

Les personnes souffrant de cette maladie bénéficiaient néanmoins d’une exonération du ticket modérateur au titre de la 23ème ALD de la liste intitulée "psychose, troubles graves de la personnalité, arriération mentale".

Le projet de texte, dont l’APM a eu copie, prévoit d’inscrire la maladie d’Alzheimer et les autres démences apparentées àla 15ème position. Cela vise àdonner plus de visibilité aux médecins conseils et médecins traitants mais aussi àmieux comptabiliser l’incidence de ces pathologies.

Cela permet par ailleurs de répondre aux revendications des professionnels et des associations de patients. C’était en effet une des revendications phares de l’association France Alzheimer qui revendiquait une prise en charge à100% des soins spécifiques dispensés àdomicile aux malades d’Alzheimer et notamment les stimulations cognitives, sensorielles, et motrices.

En pratique, l’ALD "maladie d’Alzheimer et les autres démences" prend la place dans la liste de la "lèpre", affection disparue de France métropolitaine (hors cas importés ; elle persiste également dans les DOM-TOM). La "lèpre" est regroupée avec la "tuberculose active".

La 23ème ALD "psychose, troubles graves de la personnalité, arriération mentale" est redéfinie comme "affections psychiatriques de longue durée".

Dans une annexe au projet de décret, sont précisés les critères d’acceptation des patients en ALD pour la "maladie d’Alzheimer et autres démences".

L’ALD sera reconnue dès lors qu’il y a un syndrome lié à"une affection cérébrale habituellement chronique et progressive" qui provoque une perturbation durable des nombreuses fonctions corticales supérieures telle la mémoire, l’idéation, l’orientation, la compréhension, le calcul, la capacité d’apprendre, le langage et le jugement".

"Les perturbations cognitives s’accompagnent habituellement (et sont parfois précédées) d’une détérioration du contrôle émotionnel, du comportement social ou de la motivation".

Le texte ajoute que sont également intégrées àcette ALD les démences liées aux maladies vasculaires cérébrales et dans d’autres affections qui touchent le cerveau primitivement ou secondairement, comme le VIH, le traumatisme crânien, la maladie de Huntington, la maladie de Pick, la maladie de Creutzfeld-Jakob (MCJ) et les intoxications chroniques àdes substances psychotropes.

DEFINITION PRECISE DES "AFFECTIONS PSYCHIATRIQUES DE LONGUE DUREE"

Le projet de décret est également l’occasion de redéfinir précisément les conditions de la reconnaissance en "affections psychiatriques de longue durée".

"Les affections psychiatriques de longue durée" sont définies en fonction du diagnostic, de leur ancienneté et de leurs conséquences fonctionnelles (aspects cognitifs, affectifs et comportementaux).

"Pour bénéficier de l’exonération, l’affection ne devra pas être inférieure àun an au moment de la demande sauf exception. Le médecin traitant devra fournir des repères chronologiques sur l’évolution de l’affection", précise le texte.

Par ailleurs, les conséquences fonctionnelles "doivent être majeures et en relation directe avec cette affection".

L’ALD intègre les psychoses, notamment les schizophrénies, les troubles schizo-affectifs et les troubles délirants persistants. Elle exclut les troubles psychotiques aigus et transitoires, notamment les bouffées délirantes isolées.

Les troubles de l’humeur récurrents ou persistants (maladie maniaco-dépressive, troubles dépressifs récurrents) sont également reconnus comme affections psychiatriques de longue durée. Mais l’épisode dépressif isolé, la réaction dépressive brève, la réaction aiguë au stress et la dysthymie légère ne doivent pas être retenus.

L’ALD intègre les déficiences intellectuelles et les troubles graves du développement de l’enfant, notamment l’autisme infantile, et les troubles envahissants du développement.

Elle prend en compte les troubles névrotiques sévères et les troubles graves de la personnalité et du comportement -notamment les troubles anxieux graves, les états limites, les personnalités paranoïaques, schizoïdes, dyssociales-, les troubles du comportement alimentaire, et les troubles addictifs graves.

Les manifestations de type hystérique seront retenues en ALD en cas de phénomènes de conversion répétitifs et prolongés ou de méconnaissance étendue de la réalité.

En cas de manifestations de type obsessionnel, l’ALD sera reconnue s’il y a envahissement de conduites compulsionnelles et de rites contraignants, et en présence de mode de pensée paralysant.

Le médecin placera en ALD les manifestations de type phobique en présence de mesures d’évitement, de moyens contraphobiques et de phases prolongées de sidération.

Enfin, la souffrance du sujet, l’impossibilité de faire des projets, la restriction marquée des intérêts, l’anticipation systématique péjorative de l’avenir, seront les critères àretenir pour retenir l’ALD dans le cadre des manifestations anxieuses.

Dans la même rubrique

Alzheimer : projet de décret
Personnes très dépendantes : un décret permet des structures de répit
Approches de projets de soins
Alzheimer : le mal du 21è siècle ?
Les trois quarts des résidents d’Ehpad souffrent de la maladie d’Alzheimer
Des réseaux gérontologiques dédiés à la maladie d’Alzheimer en projet à la MSA
Alzheimer et glucose
Alzheimer grande cause nationale 2007 ?
Le déclin cognitif léger pourrait être favorisé par la prise d’anticholinergiques !
L’étude du LCR au stade MCI
Faut-il prescrire un inhibiteur de la cholinestérase dans les Alzheimer évolués ?
Peut-on faire le diagnostic de maladie d’Alzheimer avec une prise de sang ?
Maladie d’Alzheimer : Analyse de la presse de référence
ALZHEIMER
Premiers essais des oméga 3 dans la maladie d’Alzheimer
Maladie d’Alzheimer : Revue de presse
OUTILS MUSICO-THERAPEUTIQUES
Infos maladie d’Alzheimer
L’Alzheimer au PET scan
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer
Détecter précocement la maladie d’Alzheimer
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer 4 juillet 2007
L’association Alzheimer le Havre Pays de Caux organise
Diagnostic précoce Alzheimer
Revue de presse Alzheimer juillet 2007
AINS et Alzheimer : une nouvelle étude relance le débat
LES TROUBLES COGNITIFS CHEZ LES PERSONNES ÂGÉES PEUVENT ÊTRE REPÉRÉS EN MÉDECINE GÉNÉRALE
Le nouveau plan Alzheimer
Les statines protègent-elles de la maladie d’Alzheimer ?
Revue de presse Alzheimer septembre 2007
Dérèglement précoce du GPS cérébral dans la maladie d’Alzheimer
Revue de presse Alzheimer octobre 2007
Plan Alzheimer : 48 mesures proposées ce jeudi à Nicolas Sarkozy
Revue de presse novembre 2007
Prévenir l’épuisement des aidants
Alzheimer : Lancement de la "carte de soins et d’urgence"
Un rapport du Régime Social des Indépendants sur les dépenses de santé liées à la maladie d’Alzheimer
La dernière lettre de successfull aging
Le lent épuisement des proches de malades d’Alzheimer
Revue de presse Alzheimer mai 2008
Presse de référence Alzheimer
Analyse de la presse Alzheimer
Des allergies à l’Alzheimer : un sacré bond pour le dimebon
DENUTRITION ET MALADIE D’ALZHEIMER
Deux anti-Alzheimer donnent des résultats prometteurs
Un logiciel pour mieux diagnostiquer la maladie d’Alzheimer au stade précoce
Analyse de la presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer de PR éditions
Maladie d’Alzheimer : des risques pour les aidants
Alzheimer : en parler autour d’un café
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer de PR éditions déc. 2008
Alzheimer : des symptômes avant le diagnostic
La maladie d’Alzheimer, un diabète du troisième type ?
CODEX un test rapide pour évaluer les fonctions cognitives
Comment différencier la démence du Parkinson et la démence à corps de Lewy ?
Alzheimer : ne pas traîner
Les médecins généralistes aussi efficaces que les cliniques de la mémoire

À propos de cet article

Dernière mise à jour le :
5 février 2005
Statistiques de l'article :
43 visiteurs aujourd'hui
24438 visiteurs cumulés

Google

La citation du jour

Visiteurs ! Où êtes-vous ?

Map IP Address
Powered byIP2Location.com

Identifiez-vous

Certaines rubriques du site ne sont accessibles qu'aux visiteurs identifiés


mot de passe oublié ?

SPIP 1.9.2c [10268] | BliP 2.4 | XHTML 1.0 | CSS 2.0 | RSS 2.0 | Espace privé
Visiteurs par jour (cumul) : 4325 (3376208)