Lu sur Internet

Le 3 avril 2006, par Louis LEVY,

Une alimentation suffisamment riche en magnésium diminuerait l’incidence du cancer du côlon.
Les résultats de l’étude française SU.VI.MAX qui ont mis en évidence les effets bénéfiques d’un apport suffisant en vitamines et minéraux antioxydants sur le risque de cancers et de maladies cardiovasculaires ont été largement commentés dans la presse. Ces données venaient étayer l’hypothèse du rôle délétère du stress oxydant dans diverses pathologies. D’autres observations ont par ailleurs montré que le contenu de notre alimentation en minéraux tels que le calcium ou le magnésium pouvait être inversement associé au risque de cancer colorectal. Cette association vient d’être confirmée en ce qui concerne le magnésium par les résultats d’une étude épidémiologique réalisée chez plus de 35 000 femmes américaines indemnes de cancer lors de leur inclusion dans l’essai en 1986. Leurs habitudes alimentaires ont été analysées en début d’étude à l’aide d’un questionnaire adéquat. Elles avaient alors entre 55 et 69 ans et ont été suivies jusqu’en 2002. Au cours de cette période, 1 112 femmes ont développé un cancer colorectal. Après ajustement sur l’âge, la prise calorique et les nutriments autres que le magnésium, ainsi que les facteurs de risque de cancer colorectal, il apparaît que les femmes qui avaient l’alimentation la plus riche en magnésium avaient une diminution du risque de cancer du côlon de 23% par rapport à celles qui en absorbaient le moins, avec une relation effet-dose significative. Ces conclusions, basées sur les réponses à un questionnaire obtenues en début d’étude mériteraient d’être confirmées. Néanmoins, ce travail met une fois de plus l’accent sur le rôle déterminant d’une alimentation équilibrée dans la prévention de nombreuses pathologies.
(Folsom AR, Hong C-P. Am J Epidemiol. 2006 ;163:232-235)


14/03 (Bf 798-2006)

Qu’elles soient de courte ou de longue durée d’action, les benzodiazépines favorisent l’apparition de handicaps chez les seniors.
La prise d’hypnotiques augmente avec l’âge tout comme le risque de voir décliner les fonctions physiques. Pour évaluer l’impact de ces médicaments sur le risque de dépendance, une cohorte de 9093 sujets de plus de 65 ans, parfaitement valides en début d’étude, a été suivie annuellement pendant plusieurs années. Une perte de mobilité était définie comme l’incapacité à monter une volée de marches d’escalier ou marcher un demi mile. Les limitations dans les activités de la vie quotidienne ont aussi été recherchées. A l’inclusion, 5,5% des participants prenaient régulièrement des benzodiazépines. Ces patients avaient un risque augmenté respectivement de 23% et de 28% de développer une incapacité physique ou une limitation dans les activités de la vie quotidienne. En ce qui concerne l’apparition de problèmes moteurs, le risque était augmenté de façon très comparable entre les molécules à courte durée d’action (hazard ratio = 1,27 ; IC à 95% = 1,08-1,50) et celles à longue durée d’action (hazard ratio = 1,20 ; IC à 95% = 1,03-1,39), comparés aux sujets qui n’en consommaient pas. Les activités de la vie quotidienne étaient même plus affectées par les composés à courte demi-vie que par ceux à longue demi-vie. Les benzodiazépines à courte durée d’action ne semblent donc pas présenter d’avantage particulier en ce qui concerne l’impact défavorable de ces molécules sur les capacités physiques des personnes âgées.
(Gray SL et al. J Am Geriatr Soc. 2006 ;54:224-230)


17/03 (Bf 801-2006)

Au cours de la vie, le risque de faire un accident vasculaire cérébral est au moins aussi élevé que celui de souffrir de maladie d’Alzheimer.
L’étude épidémiologique de Framingham, débutée en 1948 aux Etats-Unis, a largement contribué à améliorer notre connaissance des facteurs de risque cardiovasculaire en particulier. Récemment encore, c’est grâce aux informations collectées à partir de la cohorte originale que le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) au cours de la vie a été estimé et comparé à celui de souffrir de maladie d’Alzheimer. L’analyse a été effectuée sur 3 sous-groupes de la cohorte : un groupe de 4897 sujets indemnes d’AVC à l’âge de 55 ans et suivis pendant 51 ans ; un autre de 2794 personnes non démentes à l’âge de 65 ans et suivies pendant 29 ans et un troisième groupe de 2711 participants qui, à 65 ans étaient indemnes à la fois d’AVC et de démence et qui ont été suivis pendant 29 ans. L’analyse des résultats montre que le risque de souffrir d’un AVC reste relativement constant jusqu’à 75 ans, se situant entre 20 et 21% chez la femme et 14 et 17% chez l’homme. A 85 ans, il diminue à 16% chez la femme et 10% chez l’homme. A un âge donné, le risque est plus élevé chez la femme essentiellement en raison de son espérance de vie plus longue, ce qui augmente sa période de risque. Les résultats ont confirmé le rôle important de la pression artérielle : pour des valeurs de PAs/PAd < 120/ < 80 mmHg le risque était de 15% chez la femme et de 10% chez l’homme, et pour des chiffres ≥ 140/ ≥ 90 mmHg, le risque passait à 26% chez la femme et 21% chez l’homme. A 65 ans, le risque de développer une démence de type Alzheimer était de 17 à 20% chez la femme et de 9 à 12% chez l’homme, sans incidence de la pression artérielle. Ainsi, à 65 ans, le risque à 10 ou 20 ans pour un homme de faire un AVC est plus élevé que celui de souffrir de maladie d’Alzheimer, alors que chez la femme les risques sont équivalents.
(Seshadri S et al. Stroke.2006 ;37 :345-350)


20/03 (Bf 802-2006)

La présence d’un animal de compagnie améliore la sensation de bien-être et la qualité de vie des personnes en institution.
La qualité de vie en institution est un souci permanent et toute proposition permettant de diminuer le sentiment d’isolement, de solitude et d’inutilité des pensionnaires mérite d’être considérée. Les bénéfices que peuvent procurer les animaux de compagnie ont déjà été évoqués, mais la cohabitation au sein de la communauté n’est pas sans poser certains problèmes. Une expérimentation a été conduite en Italie du Nord dans 7 institutions auprès de pensionnaires possédant toutes leurs facultés mentales. Les 144 participants, soit 97 femmes et 47 hommes, ont été répartis de façon randomisée en 3 groupes : 48 d’entre eux ont reçu un canari, 43 une plante et les 53 autres n’ont rien reçu. En début d’essai, leur état cognitif a été évalué à l’aide du MMSE, leur perception de leur qualité de vie grâce à la version abrégée du LEIPAD II, et le Brief Symptom Inventory a permis d’évaluer leur état psychologique. Au bout de 3 mois, ces mêmes tests ont été à nouveau pratiqués. Les sujets qui s’étaient vu offrir un canari avaient moins de symptômes dépressifs et montraient de bien meilleurs résultats aux tests de qualité de vie que ceux qui n’avaient rien reçu. Bien que moins marquée, une amélioration était également observée chez les personnes qui avaient reçu une plante. Ces résultats renforcent l’idée de la thérapie par les animaux de compagnie dans l’amélioration du bien-être des personnes institutionnalisées lorsque les structures le permettent.
(Colombo G et al. Arch Gerontol Geriatrics. 2006 ;42:207-216)


27/03 (Bf 806-2006)

Comment les myrtilles peuvent-elles prévenir un processus neurodégénératif ?
L’aptitude des cellules à se défendre contre le stress oxydatif et les processus inflammatoires diminue avec l’âge. Les effets du vieillissement peuvent-ils être corrigés par une alimentation enrichie en polyphénols sur une courte période ? C’est ce qu’ont tenté de vérifier des chercheurs qui pendant 10 semaines ont ajouté des myrtilles, fruits particulièrement riches en polyphénols, à la ration alimentaire de rats de laboratoire jeunes ou âgés. Puis les neurones de l’hippocampe ont été prélevés et soumis à une stimulation par des lipopolysaccharides bactériens. La réponse neuroprotectrice à ce stimulus inflammatoire a été mesurée par la production d’une protéine de choc thermique dénommée HSP70. Chez les animaux témoins, la réponse des rats âgés était significativement diminuée par rapport à celle des rats jeunes. Une supplémentation par des myrtilles restaurait complètement la réponse neuronale aux lipopolysaccharides des animaux âgés. Cette étude apporte une explication aux effets protecteurs des composés de type polyphénol contenus dans l’alimentation vis-à-vis des processus neurodégénératifs, confirmant leurs propriétés anti-inflammatoires.
(Galli RI et al. Neurobiol Aging. 2006 ;27:344-350)

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Dernière mise à jour le :
3 avril 2006
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