Maladie d’Alzheimer : Analyse de la presse de référence

Le 1er novembre 2006, par Louis LEVY,


- Risque de démence à10 ans chez les patients souffrant d’un MCI (Neurology 2006 ; 67 : 1201-1207, P.J. Visser)

Le risque annuel de conversion àcourt terme d’un patient MCI vers une authentique démence est évalué à10-15% selon les études. Le risque àlong terme est beaucoup moins bien connu. Dans cette étude menée dans une consultation mémoire les auteurs ont réparti les patients en 4 groupes : ceux répondant aux critères de plainte mnésique (n = 181), de déclin cognitif lié àl’âge (n = 163), de troubles cognitifs légers (défini par un score de 3 àla Global Deterioration Scale ; n = 86) et de MCI amnésique (n = 64) et les ont suivi par des évaluations cognitives prospectives à2, 5 et 10 ans. Les analyses ont été menées chez tous les patients mais aussi dans des sous-groupes définis par l’âge : 40-54 ans, 55-69 ans et 70-85 ans. Chez les sujets ayant uniquement une plainte mnésique le risque d’évolution vers une démence à10 ans était de 0,27 (intervalle de confiance 95%, 0,20-0,34). Chez ceux atteints d’un déclin cognitif lié àl’âge ce risque était de 0,28 (intervalle de confiance 95%, 0,21-0,35) ; il était de 0,44 chez les patients ayant des troubles cognitifs légers (intervalle de confiance 95%, 0,32-0,56) et de 0,48 (intervalle de confiance 95%, 0,35-0,61) chez les patients souffrant d’un MCI amnésique. 90% des patients chez qui le diagnostic de démence était retenu souffraient d’une maladie d’Alzheimer. Le risque de démence augmentait avec l’âge quelle que soit la définition du MCI (amnésique ou atteintes multiples ; p < 0,001). Selon la définition utilisée du MCI, le risque de démence variait de 0 à0,06 chez les sujets âgés de 40-54 ans, de 0,37 à0,52 chez ceux âgés de 55-69 ans et de 0,77 à1,0 dans le groupe des plus âgés (70-85 ans). Conclusion : dans cette étude menée sur le long terme la majorité des patients souffrant d’un MCI n’ont pas évolué vers une démence. Le taux annuel de conversion pourrait donc diminuer avec le temps. L’influence de l’âge sur le risque de démence était en revanche très élevée et un MCI dépisté chez les sujets âgés devrait être suivi plus étroitement que chez les plus jeunes. Cette étude semble infirmer les résultats d’autres publications considérant que le MCI est un état prédémentiel et mérite d’être confirmée.

- La forme physique et les performances cognitives sont-elles liées ? (Neurology 2006 ; 67 : 1195-1200, IJ Deary)

Les sujets âgés de 11 ans en 1932 et ayant participé àl’époque au Scottish Mental Survey ont bénéficié, pour ceux qui étaient encore en vie, des mêmes tests àl’âge de 79 ans. Une évaluation physique complétait les tests cognitifs et reposait sur l’analyse de la force musculaire, du temps pour parcourir une distance de 6 mètres et du volume expiratoire forcé sur 1 sec. La forme physique cotée àpartir de ces 3 épreuves était significativement associée àun bon vieillissement cognitif. Les scores cognitifs à11 ans, le sexe, l’âge, la classe sociale et le génotype de l’APOE-epsilon 4 étaient des covariables inclues. Un QI élevé àl’adolescence était associé àune meilleure fonction respiratoire dans l’âge avancé. Conclusion : le maintien physique semble associé àla réserve cognitive. Les programmes qui visent àmaintenir les seniors en bonne forme physique sont àencourager pour améliorer le vieillissement cognitif.

- La gabapentine permet-elle de réduire la confusion post-opératoire chez les sujets âgés (Neurology 2006 ; 67 : 1251-1253, JM Leung)

Dans cet essai pilote randomisé en double aveugle gabapentine (900 mg ; n = 9) versus placebo (n = 12) les patients recevaient le traitement 1 à2 heures avant une intervention chirurgicale sur le rachis sous anesthésie générale puis les 3 jours post-opératoires. Par ailleurs ils avaient tous une pompe àmorphine pour contrôler leurs douleurs post-opératoires. Les auteurs ont émis l’hypothèse qu’un meilleur contrôle de la douleur pouvait limiter l’émergence du syndrome confusionnel. Une évaluation de la dépression avant l’intervention était faite par la Geriatric Depression Scale. 5/12 patients du groupe placebo (42%) ont présenté une confusion post-opératoire mais aucun des patients sous gabapentine ( p = 0,045). Dans le groupe verum il y avait aussi une tendance àla sous-utilisation de la pompe àmorphine sans que les scores de douleurs soient plus élevés que dans le groupe placebo. La réduction de la confusion semblait liée àla moindre consommation d’opiacés grâce la gabapentine. Conclusion : cet essai pilote montre la bonne tolérance de la gabapentine et la réduction de la confusion post-anesthésie générale sous ce traitement. Ces résultats doivent être confirmés par des études incluant un plus grand nombre de sujets.

- Le mahjong améliore t’il le fonctionnement cognitif des déments âgés ? (Int. J. Geriatr. Psychiatry 2006 ; 21 : 611-617, ST Cheng)

Cette étude menée àHong-Kong a réuni 62 déments âgés (âge moyen 83,94 +/- 7,58 ans) répondant aux critères DSM-IV de démence légère àmodérée, dont le MMS était

- La perfusion cérébrale mesurée par ASL-IRM dans la démence frontotemporale et la démence de type d’Alzheimer (Neurology 2006 ; 67 : 1215-1220, Du AT et al.)

Les auteurs ont étudié l’intérêt d’une nouvelle technique en IRM, appelée ASL-IRM (arterial spin labelling), permettant d’apprécier la perfusion cérébrale sans passer par l’utilisation de traceurs radioactifs, afin de différencier les patients atteints de démence frontotemporale (FTD) de ceux présentant une démence de type d’Alzheimer (DTA). Dans cette étude, 21 patients avec FTD, 24 patients avec une DTA, et 25 sujets contrôles, appareillés pour l’age, ont été inclus. Tous les sujets ont bénéficié d’une batterie neuropsychologique complète, d’une IRM conventionnelle puis avec séquences utilisant l’ASL. Les séquences en ASL-IRM ont montré l’existence d’une hypoperfusion dans les régions frontales droites pour les patients avec FTD comparativement aux sujets sains. Cette hypoperfusion frontale était corrélée àl’existence d’un dysfonctionnement des fonctions exécutives. En comparaison des patients souffrant d’une DTA, les malades atteints de DFT présentaient une meilleur perfusion dans les régions pariétales et cingulaires postérieures. En ajoutant ces paramètres de perfusion frontale et pariétale aux mesures de l’atrophie corticale par les séquences conventionnelles, l’IRM permet de différencier les DFT des DTA avec une sensibilité proche de 90%. En conclusion, cette technique nouvelle en IRM pourrait permettre comme le PETscan et du SPECT mais sans utilisation de traceurs radioactifs, de contribuer au diagnostic différentiel entre DFT et DTA.

- Etude comparative de l’évolution cognitive et comportementale dans la maladie des corps de Lewy et la maladie d’Alzheimer (Arch. Neurol. 2006 ; 63(10) : 1450-6, Stavitsky K.)

Bien que la démence àcorps de Lewy (DLB) soit une cause fréquente de démence (deuxième cause selon les études autopsiques), il existe relativement peu de données concernant le mode évolutif de cette maladie, notamment par rapport àcelles de la démence de type Alzheimer (DTA). L’objectif de cette étude multicentrique fut de comparer l’évolution du statut cognitif global, des performances mnésiques, des symptômes psychiatriques, de l’examen neurologique, et le retentissement fonctionnel dans la vie quotidienne de 28 patients réunissant les critères diagnostiques de DLB à55 patients présentant une DTA, appareillés pour l’âge et le niveau cognitif global. Les patients étaient évalués tous les six mois avec en moyenne 6.2 visites en tout. Lors de l’évaluation initiale, comparativement au groupe DTA, les patients avec DLB présentaient un retentissement fonctionnel plus important, un déficit plus sévère pour l’évaluation des praxies constructives, plus fréquemment des troubles psychiatriques graves et des signes neurologiques. Lors du suivi, la seule différence significative pour les tests cognitifs au cours du temps entre les deux groupes concernait la mémoire de reconnaissance : Les performances restaient stables pour les patients avec DLB alors qu’elles déclinaient pour les patients avec DTA. Les troubles comportementaux et les hallucinations visuelles étaient stables chez les malades DLB, et s’aggravaient dans le groupe DTA. Enfin, l’examen neurologique et le retentissement fonctionnel étaient comparables dans les deux groupes au terme du suivi. Cette étude longitudinale permet de souligner les différences entre les patients avec DLB et DTA.

- Traitement par acides gras Oméga 3 de 174 patients présentant une maladie d’Alzheimer légères àmodérés : L’étude OmegAD (Arch Neurol. 2006 ; 63(10) : 1450-6, Freund-Levi Y et al.)

Plusieurs études épidémiologiques ont montré un possible effet bénéfique des régimes riches en acides gras oméga-3 pour la prévention de la démence de type Alzheimer (DTA). Cette étude randomisée en double aveugle contre placebo a évalué l’intérêt d’une supplémentation en acides gras oméga-3 per os sur les fonctions cognitives de patients présentant une DTA (MMS supérieur à15). Les patients, appareillés pour l’âge et le niveau cognitif global, étaient randomisés pour recevoir soit le placebo soit des acides gras oméga-3 (association d’acides docosahexaénoïque et eicosapentaenoique) pendant six mois, suivi d’une période de six mois en ouvert. Deux cent quatre patients ont été randomisés et 174 ont terminé l’étude. À 6 mois, aucun bénéfice ne fut noté puisque le déclin cognitif était identique pour les deux groupes. Une différence significative fut notée pour un petit sous-groupe de patients (n = 32) avec atteinte cognitive minime (MMSE >27) comparé au groupe placebo (p<0.05). Ce bénéfice fut confirmé pour ce sous groupe lors de l’étude en ouvert. Le traitement par acides gras omega-3 fut bien toléré. En conclusion, une supplémentation en acides gras omega-3 ne retarde pas le déclin cognitif chez les patients présentant une MA. Les résultats positifs sur un nombre restreint de patients avec MA débutante nécessitent une confirmation.

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