Quel support pour prévenir les escarres ?

Le 31 janvier 2007, par Marc NICOLINI,

CPC – Paris. L’escarre est une lésion hypoxique ou anoxique des tissus comprimés lié à l’augmentation de la Pression d’Interface (PIF). Le traitement et la prévention des escarres passent donc impérativement par une diminution de cette PIF. Pour cela nous disposons de supports variés, qui ne dispensent cependant pas de repositionner le patient régulièrement.

On distingue principalement les supports non motorisés et motorisés. Les supports non motorisés sont àbase de mousse, d’air, de gel ou d’eau, sont d’un prix généralement modeste et bénéficient d’une prise en charge en ambulatoire par l’assurance maladie.

Les supports motorisés sont des systèmes àair fonctionnant sur un mode de basse pression permanente ou alternée. Ils peuvent intégrer des technologies sophistiquées leur permettant d’être performants pour des populations spécifiques. Ces derniers supports ne sont malheureusement pas remboursés en ville en raison du manque de preuve d’efficacité selon les critères de la Haute Autorité de Santé (HAS). Les essais réalisés étant soit méthodologiquement discutables, soit non publiés. La méta analyse de Cullum N. en 2004 a montré l’efficacité des matelas mousse àmémoire de forme et des surmatelas sur les tables d’opération par contre l’efficacité des supports àbasse pression alternés ou continue n’est pas évidente.

L’évaluation des supports est faite àl’aide de différentes mesures (PIF par des capteurs, microcirculation cutanée par méthode thermique, pression transcutanée d’O2, débitmétrie par laser doppler…). Elle doit également comporter une évaluation économique avec appréciation du rapport coà»t/bénéfice. Ces essais doivent permettre d’évaluer le service rendu et l’amélioration du service rendu pour être soumis àl’approbation de la Commission d’Evaluation de Produits et Prestations (CEPP).

La prévention des escarres ne nécessite pas le même matériel en fonction des services et des patients, la problématique n’étant pas la même en pédiatrie, en réanimation et en gériatrie.

Chez l’enfant, les escarres, bien que plus rares que chez l’adulte, se rencontrent dans certaines situations, notamment en néonatologie, neurologie, chirurgie cardiaque, orthopédie, au cours des maladies inflammatoires et en oncologie. Les localisations varient en fonction de l’âge, l’atteinte occipitale étant plus fréquente en néonatologie. Les évaluations de référence sont l’échelle « Neonatal/Infant Braden Risk Assessment Scale  » de 0 à7 mois, l’échelle « Braden Q  » de 8 mois à5 ans et l’échelle de Braden au-delàde 5 ans. Les autres échelles ne sont pas validées. La rareté des escarres chez l’enfant explique le faible nombre de publications sur ce sujet ainsi que le faible nombre de supports. Ceux-ci doivent être adapté au type de lit, au poids et àla taille du patient.

En réanimation, le risque d’escarres est important car les patient sont souvent sédatés, voire curarisés, et présentent des perturbations circulatoires périphériques liées àl’état de choc et/ou àl’utilisation d’amines pressives. Les supports anti-escarres seront donc utilisés, mais ils devront répondre àcertains impératifs propres aux services de réanimation : possibilité de réaliser un massage cardiaque ou d’accéder àla tête du patient, désinfection aisée, température réglable, possibilité de mettre le patient en décubitus ventral. Pour les grands brulés, il faut aussi pouvoir éviter les phénomènes de macération liés àl’accumulation d’exsudats sur les faces postérieurs et préserver d’éventuelles greffes cutanées dorsales.

Dans les services de gériatrie et les maisons de retraite, la prévention des escarres est une préoccupation majeure. Selon les structures, le matériel est loué ou acheté, la location ayant l’avantage de permettre l’utilisation de matériel plus sophistiqué et d’éviter les contraintes d’installation, d’entretien et de stockage. L’utilisation d’un support adapté varie selon le niveau d’implication et de formation des équipes soignantes.

Ces supports doivent préserver le confort des patients, les personnes âgées n’appréciant pas toujours les supports àair àpression alternée. Ils doivent être d’entretien facile avec house interchangeable et éviter la macération en raison des problèmes d’incontinence. Enfin, ils doivent permettre une mobilisation aisée du patient, un positionnement adapté àsa pathologie et limiter les risques de chute.

Au total, les supports de prévention des escarres sont de plus en plus sophistiqués. Il faut savoir les utiliser àbon escient en fonction des populations spécifiques.

Dr Bruno Vialatte

Post-Scriptum :

Roques C. et Coll. : « Le matériel disponible » Guillot-Masanovic M. : « Outils d’évaluation des performances des supports statiques et dynamiques : capteurs, TcPO2, essais cliniques. » Roques C. : « Applications pratiques : en pédiatrie » Wassermann D. : « Applications pratiques : en réanimation » Faucher N. : « Applications pratiques : en gérontologie » 11e Conférence des plaies et cicatrisations (Paris) :14-16 janvier 2007

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Dernière mise à jour le :
7 janvier 2008
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