Revue de presse de successfull aging Vendredi 16 février 2007

Le 27 février 2007, par Louis LEVY,

Brèves

La pratique régulière d’une activité d’endurance est bénéfique pour la pression artérielle, même àun âge avancé. Avec l’âge, l’altération de la paroi des vaisseaux sanguins et la rigidification des artères de gros calibre s’accompagnent d’une augmentation de pression systolique. Or, il a été montré qu’une activité physique régulière de type aérobic pouvait ralentir ces modifications de structure et de fonction. Les bienfaits d’une activité d’endurance sont moins bien documentés, en particulier lorsqu’elle est débutée tardivement. Les effets d’un programme d’entraînement ont été analysés chez 12 hommes et 5 femmes en bonne santé, âgés de 65 à78 ans, ne prenant pas de médicament àaction vasculaire. Les séances avaient lieu deux fois par semaine. Les participants devaient effectuer pendant 20 semaines soit une, soit trois séries de 7 exercices différents concernant le haut et le bas du corps, l’ensemble étant répété au plus 8 fois. La force musculaire a augmenté de 26% au cours de l’entraînement. Les pressions centrales systoliques et diastoliques ont diminué de 6 et 3 mmHg, respectivement, àla fin de l’essai. En revanche, la fréquence cardiaque de repos ainsi que la rigidité artérielle évaluée par analyse de l’onde de pouls n’ont pas été modifiées. La réduction de pression artérielle pourrait résulter d’une baisse des résistances vasculaires périphériques. Cette étude montre que l’exercice physique d’endurance semble bien avoir un effet bénéfique sur le système cardiovasculaire, même lorsqu’il est débuté tardivement.

(Taaffe DR et al. J Human Hypertens. 2007 ;21:96-98) - Bf 972-2006


Le risque de thromboses veineuses est fortement influencé par l’alimentation. Au cours de la seconde guerre mondiale, lorsque des populations entières ont été contraintes de changer leur mode d’alimentation en raison des restrictions, les praticiens scandinaves avaient observé une diminution considérable du nombre de complications thromboemboliques post-opératoires. La consommation de viande et de produits laitiers des norvégiens en particulier avait été fortement réduite au profit des produits de la mer, des légumes frais et du pain complet, augmentant ainsi les apports en folates, en vitamine B6 et en acides gras de type oméga-3. D’autres travaux ont depuis montré que des facteurs de risque possibles de thrombose veineuse tels que l’homocystéine, le facteur VIII ou le facteur de von Willebrand étaient influencés par l’alimentation. Une étude prospective sur une cohorte de près de 15 000 personnes pendant 12 années a permis tout récemment de préciser la relation entre la composition du régime alimentaire et le risque de thrombose veineuse profonde ou d’embolie pulmonaire. Au terme de cette étude, il est apparu que les personnes qui consommaient au moins 5 portions de fruits et légumes par jour avaient un risque de thrombose réduit de 41%. Il était diminué de 30 à45% chez ceux qui prenaient du poisson au moins une fois par semaine. A l’inverse, les sujets qui mangeaient de la viande rouge en moyenne une fois et demi chaque jour avaient un risque 2 fois plus élevé que ceux qui en consommaient moins d’une demi portion. Ces observations vont tout àfait dans le sens des recommandations actuelles en terme d’alimentation, visant àdiminuer les risques cardiovasculaires en général.

(Steffen LM et al. Circulation. 2007 ;115:188-195) - Bf 974-2006


Même chez les seniors, une modification des habitudes de vie diminue le risque de syndrome métabolique. La prévalence du syndrome métabolique augmente avec l’âge dans les pays développés, touchant près de 40% des seniors aux Etats-Unis. Les risques de diabète et de complications cardiovasculaires sont particulièrement élevés chez les personnes qui en souffrent. Une amélioration des habitudes de vie semble avoir des répercussions très positives sur l’apparition de ce syndrome, même chez les sujets âgés. Pour le confirmer, une équipe anglaise a analysé les données d’une cohorte de 3051 hommes âgés de 60 à79 ans, suivis depuis 20 ans dans le cadre de consultations de médecine générale. Le tabagisme, l’activité physique, la consommation d’alcool, le poids corporel, les apports alimentaires en lipides et glucides, la présence d’un syndrome métabolique ont été analysés. Après ajustement sur chacun des autres paramètres modifiables, les auteurs ont montré que le surpoids ou l’obésité, l’inactivité physique, le tabac et une alimentation riche en glucides étaient associés àun risque significativement augmenté de syndrome métabolique alors que la consommation de lipides et d’alcool ne l’était pas. Les personnes qui avaient arrêté de fumer depuis longtemps avaient des risques similaires àceux des non fumeurs. Le fait d’avoir perdu du poids ou entrepris une activité physique durant les 3 dernières années avait aussi un effet positif. Modifier son mode de vie, même tardivement, est un moyen efficace de prévenir le syndrome métabolique.

(Wannamethee SG et al. J Am Geriatr Soc. 2006 ;54:1909-1914) - Bf 967-2006


Quelle stratégie pour la prévention des chutes en institution ou lors d’une hospitalisation ? Chaque année en France, environ 9 000 décès de personnes de plus de 65 ans sont liés àune chute. Ces chutes sont plus fréquentes en institution ou lors d’une hospitalisation. Le risque fracturaire est aussi plus important en cas d’ostéoporose, de pathologies altérant la vision, la marche ou l’équilibre. Toutes les chutes n’entraînent pas de traumatisme physique grave, mais elles peuvent avoir des conséquences en termes de séquelles fonctionnelles et psychologiques. Cette étude anglaise a vérifié àl’aide d’une revue de la littérature et d’une méta analyse l’efficacité des stratégies de prévention des chutes et des fractures chez les personnes institutionnalisées ou hospitalisées. Les résultats ont montré que des interventions multifactorielles réalisées en milieu hospitalier pouvaient diminuer le nombre de chutes mais pas le nombre de chuteurs ou de fractures. Les protecteurs de hanche utilisés en institution diminuent le nombre de fractures de col du fémur, en amortissant l’impact des chutes, mais pas le nombre de chutes. Les autres actions préventives en institution et àl’hôpital (activité physique, supplémentation en calcium et vitamine D, suppression des contentions, téléalarme, sécurisation de l’environnement, allégement du traitement médical pendant le séjour àl’hôpital), n’ont pas montré de diminution significative du nombre de chutes, de chuteurs ou de fractures, malgré quelques résultats significatifs pour certaines études. L’effet de ces mesures n’était pas différent en présence d’altération cognitive. Il est probable qu’une prévention précoce située bien en amont des chutes serait plus efficace, notamment dans le cadre de programmes fondés sur l’activité physique, une alimentation variée et suffisante et sur une surveillance de l’acuité visuelle.

(Oliver D et al. Brit Med J. 2007 ;334:77-82) - Bf 970-2006


La maltraitance envers les personnes âgées est fréquente en Italie et souvent associée aux troubles du comportement. Les personnes vulnérables font parfois l’objet de maltraitances d’ordre physique, moral, matériel ou financier. Elles peuvent aussi se manifester par des négligences ou des omissions. Le but de ce travail était de déterminer la prévalence de la maltraitance chez les personnes recevant une aide àdomicile en Italie. Les auteurs ont recherché des signes de maltraitance sur un groupe de 4630 personnes d’un âge moyen de 80,5 ans. Ces signes pouvaient être : des marques de contention, une hygiène et une apparence négligées, une attitude craintive de la personne âgée envers son aidant, des blessures inexpliquées (fractures, brà»lures). Les chercheurs ont également étudié les relations de la maltraitance avec les troubles du comportement comme la déambulation, les propos agressifs, des attitudes inappropriées ou le refus de soins. Des signes de maltraitance ont été identifiés chez 9% des participants ne présentant pas de trouble du comportement et chez 17% de ceux qui en présentaient. La maltraitance était associée aux différents troubles du comportement étudiés sauf pour la déambulation. Ce problème, bien identifié en Italie, existe aussi en France. Les pouvoirs publics ont mis en place un dispositif d’écoute téléphonique permettant de sensibiliser la population àce phénomène et de signaler les dysfonctionnements dans la prise en charge des personnes âgées. D’autres initiatives pourraient être développées comme l’amélioration de la communication entre les professionnels, la personne âgée et sa famille, la formation des aidants professionnels àreconnaître et dépister les signes de maltraitance, une offre d’hébergements temporaires ou des accueils de jour quand le besoin s’en fait sentir.

(Ogioni L et al. Am J Geriatr Psychiatry. 2006 ;15:70-78) - Bf 968-2006

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27 février 2007
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