Revue de presse Alzheimer 28 mars 2007

Le 31 mars 2007, par Louis LEVY,

Infos spécialisées


- Facteurs de risque vasculaires et MCI (J Neurol Sci. 2007 Feb 28 ; Siuda J, Gorzkowska A, Opala G, Ochudlo S.)

Les patients présentant un trouble cognitif léger (mild cognitive impairment, MCI) sont plus àrisque de développer une démence et plusieurs études concordantes ont souligné l’existence d’une plus grande fréquence de facteurs de risque cardiovasculaires (FDR) chez ces patients. Dans cette étude prospective polonaise, 24 sujets présentant un MCI défini selon les critères de la Mayo clinic (15 hommes et 9 femmes ; 16 avec FDR et 8 sans FDR) ont été suivi afin d’évaluer si la présence de ces facteurs de risque était associé àune évolution cognitive différente.

Les deux groupes étaient appariés pour l’age, le sexe, le niveau d’éducation et le MMS. L’exploration neuropsychologique reposait sur le MMS, le dessin de l’horloge, le Trail Making Test (TMT), la fluence verbale littérale, le Rey Auditory Verbal Learning Test (AVLT). Dans le groupe MCI avec FDR, il existait significativement plus de difficultés cognitives, pour l’apprentissage, le rappel (p<0,1). Les scores pour le test de l’horloge et la mémoire de travail par le TMT étaient moins bons pour les patients avec FDR mais la différence n’était pas significative.

En conclusion, cette étude portant sur un petit nombre de patient suggère que l’existence de facteurs de risque vasculaires accroît les troubles cognitifs chez les patients MCI. Pour les auteurs, ils doivent faire l’objet d’une surveillance plus étroite compte tenu d’un risque accru de conversion vers une démence.


- Test de fluence verbale et maladie d’Alzheimer (Alzheimer Dis Assoc Disord. 2007 Jan-Mar ; 21(1) : 65-7. Caramelli P, Carthery-Goulart MT, Porto CS, Charchat-Fichman H, Nitrini R.)

Le but de cette étude brésilienne fut d’évaluer l’intérêt du test de fluence verbale (animaux par min) pour différencier patients atteints d’une maladie d’Alzheimer (MA) des sujets sains, et de déterminer le score discriminant (score cut off) en fonction du niveau d’éducation. Quatre vingt huit patients MA et 117 témoins sains ont été évalués. En fonction du nombre d’années d’éducation, quatre groupes ont été distingués (illettrés, 1 à3 années, 4 à7 années, ou plus de 8 années d’éducation).

Pour chacun de ces 4 groupes, le test de fluence verbale permit de différencier DTA et sujets contrôles. Le score cut off fut de 9 dans le groupe de sujets illettrés (sensibilité, S de 90,5% et Spécificité, Sp de 80,6%), de 12 pour ceux avec 1 à3 années d’éducation (S=95,2%% et Sp=80%) et ceux avec 4 à7 années (S=91,3% ; Sp=91,9%) et 13 pour ceux avec au moins 8 ans d’éducation (S=82,6% et Sp=100%). Ces résultats sont àconfirmer par d’autres études.


- Troubles cognitifs légers chez les patients avec facteurs de risque cérébrovasculaires, symptomatiques ou non (J Neurol Sci. 2007 Feb 26 ; Popovic IM, Seric V, Demarin V.)

Dans cette étude, l’intérêt de deux tests rapides, le MMS et le Montreal cognitive assessment (MoCA) (conçu pour l’évaluation des dysfonctions cognitives légères) a été évaluée de manière prospective pendant 6 mois (initialement puis à3 et 6 mois) chez des patients sans trouble cognitif, avec facteurs de risque cardiovasculaires (FDRCV). Deux groupes de patients ont été distingués ; ceux ayant présenté un premier accident vasculaire cérébral (AVC) constitué ou transitoire (110 patients), et ceux sans antécédent d’AVC (45).

Pour tout les patients un déclin cognitif fut constaté pendant ces 6 mois. Le MoCA était plus sensible que le MMS pour détecter ce déclin. A 6 mois, 83,6% des 110 patients avec antécédent d’AVC avaient des scores en dessous de la normale (MoCA), et une association significative fut retrouvée entre déclin cognitif et la présence de plus de deux FDRCV (p=0,034 pour le MMS ; p=0.002 pour le MoCA). Pour les patients sans antécédent AVC,une association fut retrouvée entre atteinte cognitive et présence d’une hypertension artérielle. En conclusion, l’utilisation du Montreal cognitive assessment permet de dépister précocement des troubles cognitifs chez les patients « vasculaires  ». L’existence de plusieurs FDRCV accroît le risque de déclin cognitif.


- La consommation de café est inversement proportionnelle au déclin cognitif chez les hommes âgés (Eur J Clin Nutr 2007 ; 61 : 226-232. van Gelder BM)

Dans cette étude prospective menée sur une période de 10 ans, 676 hommes, nés entre 1900 et 1920, en bonne santé àl’inclusion, originaires de Finlande, Italie et Hollande (Finland, Italy and the Netherlands Elderly Study = étude FINE) ont bénéficié d’une évaluation de leur consommation de café (en nombre de tasses par jour) et de leurs fonctions cognitives par un MMS annuel.

Après ajustement pour les facteurs confondants, les performances cognitives des hommes qui ne buvaient pas de café étaient moins bonnes que celles des hommes consommant du café (p < 0,001). Les auteurs ont trouvé une association inverse entre le nombre de tasses de café quotidiennes et le déclin cognitif, le déclin le plus faible étant observé pour une consommation de 3 tasses/j de café. Dans cette dernière situation, le déclin cognitif est 4,3 fois moins important que chez les patients ne buvant pas de café (p < 0,001).

Conclusion : cette étude semble montrer que le café ralentit le déclin cognitif, probablement par le biais de la caféine. La consommation idéale serait de 3 tasses par jour. Voilàune prophylaxie facile àsuivre.


- Consommation de flavonoïdes et déclin cognitif (Am J Epidemiol 2007 ; Epub ahead of print. L Letenneur)

Les flavonoïdes appartiennent àune large gamme de composés naturels de la famille des polyphénols et leur fonction principale semble être la coloration des plantes (au-delàde la chlorophylle, des caroténoïdes et des bétalaïnes).

Dans cette étude prospective dérivée de PAQUID, 1640 personnes âgées d’au moins 65 ans et non démentes àl’inclusion en 1990 ont bénéficié d’une évaluation de leur apports alimentaires et de 4 bilans cognitifs évolutifs sur une période de 10 ans. Après ajustement pour les facteurs confondants comme l’âge, le sexe, le niveau culturel, la consommation de flavonoïdes était associée àde meilleures performances cognitives àl’inclusion (p = 0,019) et àune meilleure évolution de ces performances sur le suivi (p = 0,046). Les personnes dont la consommation de flavonoïdes était la plus élevée (2 quartiles supérieurs) avaient une meilleure évolution cognitive que les personnes des quartiles inférieurs.

Après un suivi de 10 ans, les sujets dont la consommation de flavonoïdes était la plus faible avaient perdu en moyenne 2,1 points au MMS alors que ceux dont les apports appartenaient au quartile le plus élevé n’avaient perdu que 1,2 point. Cette différence persistait après ajustement pour les facteurs confondants potentiels. Conclusion : cette étude suggère qu’un apport en flavonoïdes est associé àune meilleure évolution cognitive.


- Le déclin cognitif est associé àune augmentation du risque de mortalité (Neuroepidemiology 2007 ; 28 :93-100. van Gelder BM.)

Cette étude prospective a analysé l’association possible entre le déclin cognitif et la mortalité. Entre 1990 et 2000, 493 hommes nés entre 1900 et 1920 et originaire de Hollande et d’Italie, participant àl’étude FINE (Finland, Italy and the Netherlands Elderly Study) ont été ainsi suivis. Les fonctions cognitives étaient évaluées par le MMS en 1990 et 1995 et les données sur la mortalité ont été obtenues jusqu’en 2000.

Après ajustement pour les facteurs confondants (âge, niveau culturel, pays, mode de vie, prévalence de pathologies chroniques et performances cognitives àl’inclusion), le risque de décès des hommes dont les performances cognitives avaient diminué (de plus d’une déviation standard) entre 1990 et 1995 était 2 fois plus élevé dans les 5 ans suivants par comparaison aux hommes dont les scores cognitifs restèrent stables (HR ajusté = 1,9, intervalle de confiance 95%, 1,3-2,7). Le risque de mortalité des hommes dont les performances cognitives s’améliorèrent entre 1995 et 2000 n’était pas différent de celui des hommes dont les fonctions cognitives restèrent stables (HR ajusté = 1,1, intervalle de confiance 95%, 0,7-1,9). Conclusion : le déclin cognitif est associé àune augmentation du risque de mortalité chez l’homme.


- Fibrillation auriculaire non valvulaire et déclin cognitif (Age & Aging 2007 ; 36 : 157-163. H Park)

La fibrillation auriculaire est un facteur de risque thromboembolique et des études transversales ont suggéré une association entre fibrillation auriculaire, infarctus cérébraux silencieux et diminution des performances cognitives.

Les auteurs de cette étude prospective longitudinale ont comparé les modifications des fonctions cognitives entre des patients âgés d’au moins 60 ans et souffrant d’une fibrillation auriculaire récente (n = 174) et des témoins en rythme sinusal (n = 188), 12 et 36 mois après la première évaluation et cherché l’impact des anti-thrombotiques. Après un suivie de 3 ans il restait 74 patients et 86 témoins soit un taux d’attrition de 59% pour les patients et 52% pour les témoins (p = 0,15).

Il n’y avait aucune différence entre les performances cognitives àM12 et M36 entre les patients et les témoins, ni entre les sous-groupes thérapeutiques (aspirine, warfarine ou sans traitement). Les facteurs confondants comme l’âge n’avaient pas d’influence sur les résultats. Conclusion : la fibrillation auriculaire, ainsi que les anti-thrombotiques, ne retentissent pas sur les fonctions cognitives après un suivi de 3 ans.

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