Revue de presse Alzheimer

Le 11 avril 2007, par Louis LEVY,


- Démence vasculaire et démence de type Alzheimer aux stades pré-cliniques. Etude de cohorte multicentrique (the Consortium to Investigate Vascular Impairment of Cognition (CIVIC) study) (Stroke. 2007 Apr ; 38(4) : 1148-53. Ingles JL, Boulton DC, Fisk JD, Rockwood K.)

Les liens entre démence de type Alzheimer (DTA) et atteinte cognitive d’origine vasculaire sont mal connus, tout particulièrement aux stades pré-cliniques de ces maladies. Dans une étude multicentrique prospective canadienne, the Consortium to Investigate Vascular Impairment of Cognition (CIVIC) study, 10263 personnes âgées de 65 ans où plus, ont été suivies annuellement pendant 30 mois au moins. Parmi eux, 332 ont bénéficié initialement d’une évaluation neuropsychologique complète et ne présentaient pas initialement d’atteinte cognitive. Après 5 ans de suivi, 41 ont développé une atteinte cognitive d’origine vasculaire définie selon le Hachinski Ischemia Score (Vascular Cognitive Impairment, VCI) et 25 une DTA. Les 266 restants ne présentaient pas d’atteinte cognitive. Ceux développant un VCI présentaient lors de l’évaluation initiale des performances neuropsychologiques globales plus basses, tout particulièrement lors de la réalisation de taches de raisonnement abstrait, comparativement aux sujets ne développant pas d’atteinte cognitive mais aussi àceux progressant vers une DTA. Les patients évoluant vers une DTA présentaient eux initialement des scores inférieurs lors des taches mnésiques par rapport àceux des deux autres groupes.

En conclusion, cette étude prospective suggère l’existence d’une phase préclinique précédant l’évolution vers une démence de type vasculaire, et différente de celle précédant l’évolution vers une maladie d’Alzheimer.


- Evolution des troubles cognitifs d’origine vasculaire. Etude de cohorte multicentrique (the Consortium to Investigate Vascular Impairment of Cognition (CIVIC) study) (J Neurol Sci. 2007 Jan 31 ; 252(2) : 106-12. Rockwood K, Moorhouse PK, Song X, MacKnight C, Gauthier S, Kertesz A, Montgomery P, Black S, Hogan DB, Guzman A, Bouchard R, Feldman H ; Consortium to Investigate Vascular Impairment of Cognition (CIVIC) Cohort)

Dans la même étude de cohorte multicentrique canadienne, les auteurs se sont aussi intéressés au devenir des patients présentant des troubles cognitifs d’origine vasculaire (Vascular Cognitive Impairment, VCI) et ont comparé leur évolution àcelle de sujets sans atteinte cognitive ou àcelle de patients atteints de démence de type Alzheimer (DTA). Sur 938 personnes suivies, 239 ont été perdues de vue (24,5%) et 29 (3%) sont décédées. Sur les 697 restants, 229 avaient un VCI, 343 une DTA, et 125 ne présentaient pas d’atteinte cognitive initialement. Comme attendu, ceux avec un VCI et une DTA avaient plus souvent sur 30 mois un déclin cognitif (respectivement et selon les tests, entre 50 et 65 %, et entre 50 et 80% d’entre eux) comparativement àceux sans déclin cognitif initial (entre 20 et 40% d’entre eux). Les patients VCI présentaient plus fréquemment un déclin sur le plan de l’humeur (30% d’entre eux) comparativement àceux initialement sains sur le plan cognitif (12%) mais aussi àceux présentant une DTA (15%) (p< 0,01). Enfin, le déclin des performances des deux groupes de patients VCI et DTA concernant les fonctions dysexécutives (capacités de jugement) décroissaient de manière équivalente, et plus rapidement que pour ceux du groupe témoin (p< 0,01).

En conclusion, la seule différence retrouvée entre patients DTA et VCI concernait les symptômes dépressifs qui étaient plus fréquents et plus évolutifs sur 30 mois pour ces derniers.


- Epilepsie, traitement anti-épileptique et démence chez les sujets âgés. Etude de cohorte multicentrique (the Consortium to Investigate Vascular Impairment of Cognition (CIVIC) study) (J Neurol Sci. 2007 Jan 31 ; 252(2) : 169-72. Carter MD, Weaver DF, Joudrey HR, Carter AO, Rockwood K.)

Toujours dans cette même étude de canadienne, les auteurs ont recherché si une épilepsie et/ou la prise d’un traitement anti-épileptique augmentaient le risque de développer une démence et notamment une démence de type Alzheimer (DTA). Cinq mille trois cent soixante seize sujets âgés de 65 ans ou plus et non déments (score au MMSE modifié, le 3MS, supérieur ou égal à78) ont été évalués initialement. Cent six étaient épileptiques. Le diagnostic de démence était défini par l’existence d’un score au 3MS inférieur à78. La période de suivi fut de 5 ans. Les patients sous antiépileptiques avaient un risque plus élevé significativement de développer une démence compares àceux non traités (odds ratio= 2,11 (95% CI 1,11 à4,01). Cette augmentation du risque restait significative pour les seuls patients traités par Phénytoïne. Aucune association ne fut retrouvée entre traitement par antiépileptique et DTA, ou entre existence d’une épilepsie et démence (DTA ou autre).

En conclusion, les patients âgés sous antiépileptiques (notamment ceux sous Phénytoïne) sont plus àrisque de développer une démence, mais pas de type Alzheimer.


- Effet de la galantamine sur la répétition orale dans la maladie d’Alzheimer (Neurology 2007 ; 68 : 1116-1121. K Rockwood)

Cette étude est une seconde analyse de l’essai VISTA (Video-Imaging Synthesis of Treating Alzheimer’s Disease), essai randomisé en double aveugle galantamine versus placebo sur une durée de 4 mois ayant réuni 130 patients ambulatoires souffrant d’une maladie d’Alzheimer légère àmodérée. L’objectif primaire était la réalisation d’objectifs (Goal Attainment Scaling) pour des difficultés définies et évalués par le patient et l’accompagnant et le neurologue traitant 2 fois par mois. Une réduction de la répétition orale était définie comme un but thérapeutique chez 44% (n = 57) des patients randomisés. Les patients et leurs accompagnants estimèrent plus souvent atteint cet objectif (32%) que l’impression des médecins (18%). Après 4 mois, un nombre plus important de patients recevant la galantamine avait une diminution de la répétition orale (58%) que de patients sous placebo (24% ; p < 0,01). La diminution de la répétition orale était corrélée àune amélioration clinique mais qui ne transparaissait pas dans les évaluations standardisées.

Conclusion : une diminution de la répétition orale est un objectif du traitement de la maladie d’Alzheimer et était observée dans cet essai chez les patients traités depuis 4 mois par la galantamine. La diminution de la répétition orale était aussi associée àd’autres améliorations cliniques, suggérant qu’il pourrait s’agir d’un marqueur clinique d’une réponse thérapeutique positive, d’évaluation facile en consultation.


- MCI après infarctus lacunaire (Cerebrovasc Dis 2007 ; 23 : 353-361. M Grau-Olivares)

Dans cette étude 40 patients admis pour un infarctus lacunaire ont bénéficié d’une évaluation un mois après la survenue de l’AVC. Un diagnostic de MCI vasculaire fut retenu chez 22 patients, qui, par comparaison àceux qui n’avaient pas de troubles cognitifs, étaient plus âgés et avaient un niveau culturel moins élevé. Les hypersignaux sous-corticaux, notamment dans les noyaux gris centraux (putamen) et le thalamus, objectivés àl’IRM étaient plus fréquents dans le groupe MCI vasculaire. Ces patients avaient aussi davantage d’atrophie bilatérale au niveau du gyrus temporal moyen, des régions frontales et occipito-pariétales postérieures, incluant aussi le cingulum postérieur et le cervelet. Une analyse restreinte àla région para-hippocampe et àl’hippocampe montra une réduction bilatérale des gyri para-hippocampiques et une réduction du volume de l’hippocampe droit. Les auteurs ont mis en évidence une corrélation négative entre le nombre de lésions de la substance blanche chez les patients souffrant d’un MCI vasculaire et le volume de la substance grise dans les aires frontales et temporales ainsi que dans le thalamus et le mésencéphale.

Conclusion : cette étude apporte des arguments pour un substrat anatomique àl’entité MCI chez les patients ayant des infarctus lacunaires. Les modifications de la substance grise et de la substance blanche semblent contribuer àl’atteinte cognitive chez ces patients.


- Lithium et risque de maladie d’Alzheimer (Br J Psychiatry 2007 ; 190 : 359-360. PV Nunes)

Les troubles bipolaires semblent associés àune augmentation du risque de démence. Dans cette étude cas-témoins les auteurs ont comparé la prévalence de la maladie d’Alzheimer chez 66 sujets âgés euthymiques souffrant de troubles bipolaires et traités chroniquement par lithium et chez 48 autres patients appariés mais n’ayant pas été traités récemment pas le lithium. La prévalence de la démence dans l’échantillon total était de 19% versus 7% dans la population générale de même âge. Les auteurs ont retenu le diagnostic de maladie d’Alzheimer chez 3 patients (5%) sous lithium et chez 16 patients (33%) qui n’étaient pas traités par lithium (p < 0,001).

Conclusion : ces résultats suggèrent que le lithium diminue la prévalence de la maladie d’Alzheimer chez les patients bipolaires âgés. Ces résultats rejoignent les hypothèses de travaux montrant que le lithium inhiberait des processus intervenant dans la pathogénie de la maladie d’Alzheimer.


- Troubles cognitifs dans les AVC aigus (Cerebrovasc Dis 2007 ; 23 : 408-416. GMS Nys)

Dans cette étude 190 patients admis pour un premier AVC ont bénéficié d’une évaluation neuropsychologique couvrant 7 domaines cognitifs dans les 3 semaines suivant l’installation de l’AVC. Les facteurs confondants comme l’âge, le sexe et le niveau culturel ont été écartés. Globalement 74% des patients ayant un AVC cortical, 46% de ceux ayant un AVC sous-cortical et 43% de ceux ayant un AVC sous-tentoriel présentaient des troubles cognitifs aigus. Les plus fréquents étaient les troubles des fonctions exécutives (39%) et les troubles visuo-perceptifs/visuo-constructifs (38%). La prévalence et la sévérité des déficits dans les fonctions exécutives, le langage, la mémoire verbale et le raisonnement abstrait étaient plus prononcées après un AVC cortical de l’hémisphère gauche que de l’hémisphère droit (tous les items : p < 0,05). Les hémorragies intra-cérébrales (odds Ratio = 5,6, intervalle de confiance 95%, 1,2-25,4) et l’atteinte corticale (OR = 3,6, intervalle de confiance 95%, 1,3-9,9) étaient des facteurs indépendants de troubles cognitifs aigus, alors que la consommation d’alcool modérée avant la survenue de l’AVC exerçait un effet protecteur (OR = 0,4, intervalle de confiance 95%, 0,1-1,1).

Conclusion : les troubles cognitifs, notamment exécutifs et perceptifs, sont fréquents dans les premières semaines qui suivent un AVC. Les hémorragies intra-cérébrales, l’atteinte corticale et la consommation modérée d’alcool sont des facteurs indépendamment associés aux troubles cognitifs aigus.

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