Lettre Juillet 2007 successful aging

Le 3 juillet 2007, par Louis LEVY,

L’impact des différences socioculturelles sur la santé s’amplifie avec l’âge.

La santé des classes sociales culturellement défavorisées est généralement moins bonne que celle des classes supérieures de la société. L’incidence du surpoids et des troubles métaboliques, par exemple, y est plus élevée et l’activité physique moins importante. Il semblerait que ces différences s’accentuent encore avec l’âge, tout au moins en Angleterre, comme vient de le montrer une enquête réalisée entre 1985 et 2004 sur une population de plus de 10 000 fonctionnaires de la ville de Londres. Leur état de santé a été évalué àl’aide du questionnaire SF-36 comportant 36 items concernant leur santé physique et mentale ainsi que des questions d’ordre social. Globalement, la santé physique des participants se détériorait avec l’âge. La santé des personnes les moins qualifiées se dégradait plus vite que celles des fonctionnaires ayant les grades les plus élevés. Ainsi, la santé physique d’un simple employé de 62 ans était équivalente àcelle d’un responsable de 70 ans, soit un écart de 8 années. Cette différence n’était que de 4,5 ans en milieu de vie. En ce qui concerne la santé mentale, une amélioration était observée avec l’âge, mais celle-ci était plus faible chez les employés les moins qualifiés. D’après cette enquête, l’impact des différences sociales sur la santé s’amplifie avec l’âge en Grande-Bretagne. Si ces résultats peuvent s’expliquer pour une bonne partie par des comportements différents tout au long de la vie, l’accès aux soins dans le système de santé britannique et la sensibilité aux campagnes de prévention ne sont certainement pas neutres dans ce déterminisme. (Chandola T et al. Brit Med J. 2007 ;334:990-996) - Bf 1051-2007


Les capacités masticatoires influencent le métabolisme protidique postprandial.

Comme tous les composants tissulaires, les protéines musculaires sont constamment renouvelées. Chez l’adulte leur synthèse et leur dégradation sont équilibrées permettant le maintien d’une masse musculaire constante. Au cours du vieillissement, la dégradation des protéines musculaires devient légèrement plus élevée que leur synthèse. Ce déséquilibre conduit àune perte progressive de muscle, ou sarcopénie. Cette étude française a été conçue pour déterminer l’effet d’un repas àbase de viande sur le métabolisme protidique en fonction des capacités masticatoires. Pour cela, les investigateurs ont marqué les protéines de la viande d’un repas avec un acide aminé radioactif afin d’en mesurer le niveau d’absorption et d’estimer la synthèse protéique. Ces déterminations ont été conduites chez 20 volontaires âgés de 60 à75 ans dont 10 avaient une bonne dentition et 10 étaient porteurs d’un appareil dentaire complet. Une augmentation rapide du taux d’acides aminés plasmatiques a été observée après le repas chez les sujets dont la dentition était naturelle. Chez ceux qui portaient un appareil dentaire, cette augmentation était retardée d’environ une heure et n’était pas aussi élevée que chez les sujets ayant une dentition normale. Après le repas, la synthèse de protéines était également plus faible chez les sujets qui portaient des dentiers comparés àceux qui avaient toutes leurs dents. Ces résultats montrent que l’absorption des protéines de l’alimentation et la synthèse protidique dépendent de la capacité masticatoire des sujets. Un broyage moins performant des aliments accompagné d’une vidange gastrique diminuée et une digestion moins efficace pourraient expliquer en partie ces observations chez les porteurs d’appareils dentaires. (Rémond d et al. Am J Clin Nutr 2007 ;85:1286-1292) - Bf 1056-2007


Le paradoxe de l’effet protecteur de l’obésité sur la mortalité.

L’obésité est classiquement considérée comme un facteur de risque pour la population générale. Il a toutefois été observé que les insuffisants cardiaques qui étaient en surcharge pondérale avaient un risque de mortalité diminué par rapport àceux qui avait un poids normal. Un travail récent vient de confirmer que cet effet protecteur du surpoids serait également retrouvé chez les seniors indemnes d’insuffisance cardiaque. Une cohorte de 6876 anciens militaires qui venaient subir un test d’effort a été suivie sur une durée moyenne de 7,5 ans. L’âge moyen au départ était de 58 ans. Parmi les participants, 30% étaient obèses avec un indice de masse corporelle (IMC) = 30 kg/m² et 44% étaient en surpoids avec un IMC compris entre 25 et 29,9 kg/m². Au cours de l’étude, 1571 patients sont décédés, soit 31% de ceux qui avaient un poids normal, 22% de ceux qui étaient en surpoids et 18% de ceux qui étaient obèses. Après ajustement sur les différents paramètres et en particulier sur les capacités cardiorespiratoires, le risque de mortalité globale chez les obèses était inférieur de 35% àcelui des sujets de poids normal. Présenté autrement, chaque augmentation d’une unité de l’IMC procurait 3% de chance de survie en plus. On peut se demander si cet effet bénéfique et paradoxal de l’obésité chez les seniors est extrapolable àla population générale. En effet il s’agit ici d’anciens militaires qui avaient des aptitudes physiques et cardiorespiratoires probablement au-dessus de la moyenne de la population et dont le surpoids était d’apparition tardive. Il ne fait pas de doute que ces résultats susciteront d’autres études qui permettront d’élucider les mécanismes responsables de cet effet bénéfique en apparence paradoxal. (McAuley P et al. Am J Med. 2007 ;120:518-524) - Bf 1052-2007


Durée de sommeil et ronflements sont des marqueurs du risque cardiovasculaire chez les diabétiques.

Des études épidémiologiques ont déjàmontré une association entre les habitudes de sommeil et le risque de pathologies cardiovasculaires et de troubles métaboliques. Les mécanismes sous-jacents en sont encore inconnus. La cohorte de la Nurses’ Health Study a été mise àcontribution pour voir si la durée de sommeil et/ou le ronflement étaient associés aux biomarqueurs des maladies cardiovasculaires chez des femmes présentant un diabète de type 2. Concrètement, 935 femmes, âgées de 43 à69 ans, sans antécédent d’insuffisance coronarienne ou d’accident vasculaire cérébral, ont été recrutées. Les analyses multivariées montrent qu’un temps de sommeil supérieur à9h était associé àune augmentation de la concentration de protéine C-réactive. Ce lien était confirmé après ajustement sur l’âge, l’indice de masse corporelle, le mode de vie, les antécédents familiaux de diabète, le contrôle glycémique et la consommation de médicaments. Le taux de cholestérol HDL était diminué pour une durée courte (< 5h) ou longue (≥ 9h) de sommeil, chez les femmes normotendues mais pas chez les hypertendues. Enfin, un ronflement fréquent était directement lié au taux de triglycérides et inversement lié àceux du cholestérol HDL et de l’adiponectine, une hormone libérée par les cellules adipeuses qui contribue àdiminuer la résistance àl’insuline. Ces différentes associations pourraient expliquer, du moins en partie, les liens déjàobservés entre habitudes de sommeil et troubles cardiovasculaires et métaboliques. (Williams CJ et al. Diabetes Care, 2007 ;30:1233-1240) - Bf 1047-2007


La densité minérale osseuse est associée au risque de dégénérescence maculaire liée àl’âge (DMLA).

Selon certaines observations, le risque de développer une DMLA serait lié, chez les femmes tout au moins, àleur exposition antérieure aux hormones sexuelles endogènes ou exogènes. La densité minérale osseuse étant considérée comme un marqueur d’imprégnation de l’organisme en œstrogènes au cours de la vie, des chercheurs américains ont regardé si la densité minérale osseuse était associée au risque de DMLA . Ils ont étudié 1042 femmes dix ans après leur inclusion dans l’étude longitudinale Study of Osteoporotic Fractures. La DMLA a été recherchée par un examen de fond d’oeil et la densité minérale osseuse a été mesurée par densitométrie au niveau de la hanche. La prévalence de la DMLA était de 50%. Après ajustement sur les facteurs de confusion tels que l’âge, l’imprégnation en hormones sexuelles, l’index de masse corporelle, le tabagisme, la consommation d’alcool, l’alimentation, le niveau d’éducation, la présence d’un diabète ou d’une hypertension et l’activité physique, les auteurs ont observé qu’une densité minérale osseuse élevée était associée àune moindre prévalence de DMLA. Ainsi les femmes qui avaient la densité osseuse la plus élevée avaient un risque de DMLA diminué de 37%, comparées àcelles dont la densité minérale osseuse était la plus faible. Cette observation inattendue devra être confirmée par d’autres études qui permettront peut-être de comprendre les mécanismes responsables de cette association. (Seitzman RL et al. J Am Geriatr Soc. 2007 ;55:740-746.) - Bf 1048-2007


La macro-albuminurie : un facteur de risque de mortalité majeur chez le diabétique de type 2.

L’insuffisance rénale est associée àune augmentation du risque cardiovasculaire. La fonction rénale, elle-même, peut être appréciée grâce àla mesure de la filtration glomérulaire ou plus simplement par une estimation… > La suite sur www.saging.com


La fibrillation auriculaire est bien un facteur de risque modifiable d’accident vasculaire cérébral, mais pas de démence.

On estime que la fibrillation auriculaire serait responsable d’environ un tiers des accidents vasculaires cérébraux (AVC) chez les octogénaires. A cela s’ajoutent les infarctus cérébraux cliniquement silencieux fréquemment découverts chez les patients… > La suite sur www.saging.com


La leptine, un nouveau marqueur biologique de dénutrition.

Au-delàdes mesures anthropométriques, plusieurs marqueurs biologiques peuvent être utilisés pour évaluer le statut nutritionnel d’un patient. L’albumine ainsi que la transthyrétine en association avec diverses protéines de l’inflammation sont les plus fréquemment utilisées… > La suite sur www.saging.com


Lorsqu’un déficit cognitif léger est installé, un verre de vin quotidien ralentit la progression vers une démence.

Les travaux décrivant les bénéfices apportés par une consommation régulière mais très modérée d’alcool ou de vin sur les fonctions cardiovasculaires ou les fonctions cognitives sont de plus en plus nombreux… > La suite sur www.saging.com


Une méta-analyse confirme que le café diminue le risque de cancer du foie.

Plusieurs études épidémiologiques ont déjàmontré que la consommation de café était reliée àune diminution du risque d’affections hépatiques. D’autres observations, àla fois chez l’animal et chez l’homme, ont également mis en lumière le rôle du café… > La suite sur www.saging.com


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Dernière mise à jour le :
3 juillet 2007
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