Quelle place pour les médicaments anti-Alzheimer dans la prise en charge des patients ? septembre 2007

Le 15 octobre 2007, par Louis LEVY,

La Commission de la transparence de la Haute Autorité de santé a réévalué les quatre médicaments indiqués dans la maladie d’Alzheimer : le donépézil, la galantamine, la rivastigmine et la mémantine. Les effets de ces médicaments sont modestes. Toutefois, leur service médical rendu (SMR) reste important, du fait notamment de la gravité de la maladie et de la place du traitement médicamenteux dans la prise en charge des patients. Le progrès thérapeutique apporté par ces médicaments ne s’est pas révélé aussi important qu’attendu lors de leur mise sur le marché et peut être qualifié de mineur.

Place dans la stratégie thérapeutique

Aux stades léger, modéré et modérément sévère de la maladie, une monothérapie par un anti-cholinestérasique (donépézil, galantamine ou rivastigmine) peut être envisagée en première intention.

Aux stades modéré et modérément sévère, la mémantine peut représenter une alternative aux anti-cholinestérasiques chez certains patients. Cependant, au stade modéré de la maladie, son efficacité est moins bien établie que celle des anti-cholinestérasiques et sa place est discutée par les experts. Au stade sévère de la maladie, seule la mémantine est actuellement indiquée en France. Néanmoins, selon certains experts, la poursuite d’un anti-cholinestérasique bien toléré est envisageable.

A retenir

La prescription de médicaments n’est qu’un des éléments de la stratégie de prise en charge des patients. La consultation de prescription des anti-Alzheimer doit être l’occasion privilégiée de coordonner les interventions de l’ensemble des acteurs médicaux, para-médicaux et sociaux pour une prise en charge globale du patient et le soutien de ses « aidants familiaux ».

- Questions - réponses : quelle place pour les médicaments anti-Alzheimer dans la prise en charge des patients ? (79.07 Ko)
- La réévaluation des médicaments anti-Alzheimer (84.12 Ko)

 

Commentaires de l'article

 
Louis LEVY
Le 18 octobre 2007
Il serait intéressant d’initier un débat sur ces questions et de connaitre l’avis des prescripteurs et des médecins coordonnateurs à ce sujet.
 
Philippe MASQUELIER
Le 14 décembre 2007

La promotion du traitement par anticholinestérasique des patients atteints de maladies d’Alzheimer est à mon sens une escroquerie :

- la maladie d’Alzheimer est une maladie chronique incurable

- les critères de jugement pertinent d’une intervention thérapeutique pour une telle pathologie sont donc l’amélioration de la qualité de vie du malade, de sa famille, et éventuellement le délai d’admission en institution

- les traitements anticholinestérasiques et la mémantine ont montré une efficacité uniquement mesurée sur des critères essentiellement psychométriques, quelques fois sur l’impression des aidants. La pertinence clinique de ces critères mesurés est sujet à caution.

- cette efficacité non cliniquement pertinente concerne 10 à 15% des patients traités et pour une durée moyenne de six mois.

- Beaucoup d’études ne sont pas réalisées en intention de traiter

- Les patients que nous prenons en charge en Ehpad sont des patients polypathologiques avec en particulier pour beaucoup d’entre eux des pathologies cardiovasculaires évoluées critères d’exclusion des études cliniques.

- La pharmocovigilance des traitements anticholinestérasiques s’enrichit de plus en plus

- Le coût d’un traitement anticholinestérasique s’élève à prés de 1000 euos par an, une bithérapie de plus en plus prescrite dans la région lilloise coûte près de 2000 euros par an. Ces moyens pourraient être consacrés à de l’aide directe à la personne.

Enfin je vous invite à lire attentivement cette réévaluation de la HAS qui est d’une grande hypocrisie, en perçoit dans les conclusions la pression de certains lobby gériatriques. En gros cette réévaluation acte ce qui est connu depuis plusieurs années( recommandations internationales du National Institute of Clinical Evidence, évaluation de la Revue Prescrire…) à savoir les critères d’évaluation non cliniquement pertinents des études, la durée limitée dans le temps de l’amélioration psychométrique mesurée. Malgré cela l’SMR est côté important ! L’intérêt rapporté est celui de la prise en charge globale ! Cette prise en charge globale, les aides matérielles nécessaires,l’aide directe à la personne et aux aidants, l’institutionalisation éventuelles sont certes indispensables et dans actuel des choses ce sont les seules interventions qui méritent de mobiliser toute notre compétence, notre énérgie, tous les moyens financiers.

Il nous est interdit à mon sens de gaspiller des moyens financiers dans des dépenses de traitements inefficaces et au rapport bénéfice-risque défavorable.

 
dr bergra
Le 17 décembre 2007

voici un lien pour connaitre l’avis de Prescrire http://www.prescrire.org/minidossiers/dossierAlzheimerMedoc.php

Je suis tout à fait d’accord. je supprime très fréquemment des traitements anti-alzheimer à l’entrée en cantou et je n’ai jamais vu de dégradation flagrante et la plupart du temps au contraire je constate une amélioration, mais je ne veux pas être mauvaise langue et je dirais que c’est la prise en charge globale et l’environnement de l’institution qui en est la cause :))

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Dernière mise à jour le :
18 octobre 2007
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