Presse de référence Alzheimer

Le 18 juin 2008, par Louis LEVY,

Diabète de type 2 et déclin cognitif

(J Am Geriatr Soc 2008 ;56:1028-1036. OI Okereke et al.)

Dans cette étude prospective de cohorte ayant réuni 5 907 hommes participant àla Physicians’ Health Study II (âge moyen àl’inclusion = 74,1 ans) et 6 326 femmes participant àla Women’s Health Study (âge moyen àl’inclusion = 79,1 ans), 553 hommes et 405 femmes souffraient d’un diabète de type 2. Les objectifs primaires de l’étude étaient l’évaluation globale de la cognition par une interview téléphonique (Telephone Interview for Cognitive Status = TICS) par un score global moyennant 5 tests et par la mémoire verbale. Tous les participants bénéficiaient d’une seconde passation environ 2 ans plus tard mais le profil de l’étude Women’s Health Study faisait que les femmes avaient 3 évaluations comparatives, la dernière à4 ans. Dans les modèles de régression linéaire, les diabétiques obtenaient significativement des scores inférieurs dès l’inclusion pour toutes les variables analysées. Plus le diabète était ancien plus les scores étaient faibles (p < 0,001). Les hommes diabétiques avaient significativement un déclin cognitif à2 ans plus important que les hommes non diabétiques. Chez les hommes plus le diabète était ancien plus le déclin était marqué (p < 0,01). Le déclin cognitif à4 ans, pour toutes les variables mesurées, des femmes diabétiques était plus important que celui des femmes non diabétiques. Chez les femmes comme chez les hommes le déclin cognitif était d’autant plus important que le diabète était ancien (la différence moyenne ajustée du déclin au TICS associée àla durée > 5 ans du diabète était de - 0,74 ; intervalle de confiance 95%, - 1,05 à- 0,43 ; p < 0,001). Les auteurs n’ont pas mis en évidence d’interaction significative sexe-diabète.

Conclusion : le diabète de type 2 et son ancienneté sont associés parallèlement aux troubles cognitifs et au déclin cognitif aussi bien chez les hommes que les femmes. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18384580


Intérêt du FBI (Frontal Behavior Inventory) dans le diagnostic différentiel des démences

(Acta Neurol Scand 2008 ;117 :260-265. G Milan et al.)

Le Frontal Behavior Inventory est une échelle validée reposant sur 24 items, parfois réalisée uniquement dans une forme abrégée, surtout mise au point pour évaluer les troubles du comportement observés dans les démences fronto-temporales. Le score pathologique habituellement retenu est de 27. Dans cette étude les auteurs ont soumis le FBI ainsi que d’autres échelles cognitives et comportementales aux aidants de 35 patients souffrant de la variante frontale de la démence fronto-temporale, de 22 patients souffrant de maladie d’Alzheimer et de 15 patients atteints de démence vasculaire. Tous les patients étaient comparables en terme de sévérité de la démence et d’atteinte des fonctions exécutives. Les critères de validité du FBI, internationalement retenus pour les échelles cognitives : validité concurrente cohérence interne, validité inter-cotateur et test-retest, validité discriminante étaient tous respectés et élevés. Un nouveau score seuil de 23 donnait une sensibilité de 97% et une spécificité de 95% pour faire la différence entre la démence fronto-temporale dans sa variante frontale et les patients ne souffrant pas de démence fronto-temporale. Le NPI (Neuropsychiatric Inventory) ne permettait pas de différencier les patients ayant une démence fronto-temporale frontale de ceux ayant une maladie d’Alzheimer.

Conclusion : le FBI est un outil comportemental adapté pour reconnaître la variante frontale de la démence fronto-temporale des autres démences quand les évaluations cognitives ou les autres échelles comportementales ont échoué. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17922889


Intérêt du HT008-1 sur les fonctions cognitives et la qualité de vie de sujets âgés souffrant d’un déclin cognitif

(Pharmacol Biochem Behav 2008 ; April Epub ahead. J Kim et al.)

L’HT008-1 est une association phytothérapique issue de la pharmacopée coréenne traditionnelle et qui semble avoir des vertus neuroprotectrices. Les auteurs ont mené un essai thérapeutique sur une période de 8 semaines, randomisé en double aveugle et groupes parallèles, versus placebo cherchant àdémontrer l’efficacité du verum sur le fonctionnement neuropsychologique et sur la qualité de vie de sujets indemnes de tout trouble cognitif àl’inclusion. 118 personnes (42 hommes et 76 femmes) sans antécédent de démence et ayant un score au MMS d’au moins 24 ont bénéficié en nombre égal (n = 59) soit du verum, soit du placebo. L’ objectif primaire était le score àl’échelle de mémoire de Wechsler III avant et après traitement. La qualité de vie était évaluée par une version abrégée du questionnaire WHOQol reposant sur 5 domaines. Les personnes qui obtenaient des scores inférieurs au tertile le plus faible au sous-test de reconnaissance auditive différé àl’inclusion s’amélioraient sous HT008-1 par comparaison au placebo. Les scores concernant la santé en général au questionnaire de WHOQol étaient meilleurs aussi sous verum.

Conclusion : ces résultats ne concernant qu’un petit échantillon et n’ayant démontré d’efficacité que sur des sous-tests d’échelles cognitives sont insuffisants pour tirer des conclusions définitives. Mais dans la recherche de molécules actives dans le déclin cognitif comme le MCI par exemple toutes les pistes sont bonnes àexplorer. Purifier les principes actifs pour les tester sur des essais de plus grande envergure pourrait être envisagé. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18550156


Score seuil de la Mattis pour le dépistage de la démence parkinsonienne

(Mov Disord 2008 ;Jun 10 Epub ahead G Lliebaria et al.)

La prévalence de la démence parkinsonienne est proche de 30% et son incidence est 4 à6 fois plus élevée que dans la population générale appariée pour l’âge. Cette démence est principalement caractérisée par une atteinte porgressive sous-cortico-frontale. L’échelle de Mattis est très souvent utilisée car elle est un outil de passation facile et rapide pour le dépistage. Toutefois les études de validation ont essentiellement été menées dans les démences autres que celles associées àla maladie de Parkinson. Dans cette étude prospective les auteurs se sont donnés comme objectif de valider l’échelle de Mattis comme outil diagnostique de la démence parkinsonienne sur un effectif de 92 patients souffrant de maladie de Parkinson dont 35 avec une démence parkinsonienne. Les analyses de régression ont montré que les scores totaux de l’échelle de Mattis permettaient bien de différencier indépendamment les parkinsoniens déments des parkinsoniens non déments (p < 0,001). L’âge et le niveau d’éducation n’étaient pas des facteurs prédictifs de la présence d’une démence. Un score total seuil < 123 avait une sensibilité de 92,65% et une spécificité de 91,4%, une valeur prédictive positive de 83,3% et une valeur prédictive négative de 96,4%. Une version abrégée additionnant les sous-scores de mémoire, d’initiation/persévération et de conceptualisation apportait les mêmes résultats.

Conclusion : l’échelle de Mattis est discriminante pour faire le diagnostic de démence dans la maladie de Parkinson et permet de distinguer les parkinsoniens déments des non déments. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18546326


Utilisation des anticholinestérasiques centraux en Europe.

(Pharmacoepidemiol Drug Saf. 2008 May 29. A. Pariente et al.)

L’utilisation des anticholinestérasiques centraux (ACC) en Europe a été évaluée dans cette étude. En 2004, en France 20,3% des patients déments étaient traités par ACC (pour un nombre total de déments estimé à755 000), 17,5% en Espagne (520 000), 13,8% en Belgique (130 000), 11,2% au Portugal (125 000), 7,9% en Pologne (305 000), 6,7% en Grande Bretagne (730 000) et en Allemagne (995 000), 5,9% en Italie (810 000) et 3% en Hollande (165 000). Au total, en 2004, environ 10% des déments recevaient des ACC. L’ACC le plus utilisé en monothérapie fut la donézépil (60%), suivi par la galantamine (22%) et la rivastigmine (18%), mais avec existence d’une grande variablité selon les pays.

En conclusion, la prévalence des traitements par ACC des patients atteints de démence est faible en Europe, et varie beaucoup selon les pays. Des différences concernant les taux de remboursement, les politiques de santé (notamment du fait de l’efficacité controversée des ACC, avec, par exemple, utilisation faible des ACC en Allemagne mais plus forte consommation du Gingko biloba), ou les habitudes médicales pourraient expliquer en partie ces variations (par exemple, 90% des consultations médicales toutes pathologies confondues aboutiraient àune prescrition médicamenteuse en France contre 70% en Allemagne ou 45% en Hollande). http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18508393


Médecines parallèles et troubles cognitifs.

(Int J Geriatr Psychiatry. 2008 May 30. J. Landin et al.)

Le but de ces auteurs allemands fut d’étudier l’utilisation des médecines parallèles chez les patients présentant des troubles cognitifs légers (Mild cognitive impairment, MCI) ou une démence. Les données de 77 patients (âge moyen 73,5 ans +/- 8 ; 42% de maladie d’Alzheimer ; 35% de MCI) ont été comparées àcelles de 62 volontaires sains sur le plan cognitif ((70,1 ans +/- 8,7). Parmi les patients avec troubles cognitifs 47% utilisaient des traitements alternatifs pour leurs troubles, et parmi les contrôles, 18% (le plus souvent pour prévenir la survenue de tels troubles). Les substances les plus utilisées étaient les vitamines (E, B, C ou des préparations multivitaminées), suivies par le magnésium, le ginseng, l’ail ou dérivés, et l’acide gras Omega 3 (et de manière plus anecdotique, l’acupuncture, le coenzymeQ, le sélénium…). Seuls 44% de ces sujets avaient informé leurs médecins. Enfin, 52% des patients recevaient par ailleurs des traitements conventionnels pour leur maladie (dont le Ginkgo biloba, considéré en Allemagne comme traitement conventionnel).

En conclusion, en cas de troubles cognitifs, l’utilisation des médecines parallèles semble fréquente, souvent non avouée, et pour près de la moitié des patients de cette étude, au détriment des traitements conventionnels. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18512256


Scintigraphie cardiaque au MIBG pour différencier les maladies àcorps de Lewy des autres démences.

(Eur J Nucl Med Mol Imaging. 2008 May 29. M. Estorch et al.)

Deuxième de démence après les maladies d’Alzheimer (MA), les démences àcorps de Lewy (DCL) sont souvent de diagnostic difficile. Une diminution de la fixation du (123)I-metaiodobenzylguanidine (MIBG) en scintigraphie cardiaque a été retrouvée chez les patients DCL, mais pas chez ceux présentant une maladie de Parkinson idiopathique. L’intérêt diagnostic de cet examen pour différencier DCL et autres démences n’est pas connu. Dans cette étude espagnole, les auteurs ont réalisé cet examen chez 65 patients adressés àpartir de janvier 2003, pour des troubles cognitifs en rapport avec une maladie dégénérative (35 femmes ; âge moyen 77 ans ; de 60-89 ans). Parmi eux, 19 avaient une démence àcorps de Lewy, 12 avec une MA (appariés pour le MMS), 5 un « Parkinson-plus  »… Le suivi moyen de ces patients fut de plus de 4 ans. Deux paramètres furent analysés, le taux dit de lavage (« washout rate  », défini par le % de fixation après injection du marqueur), et le rapport de fixation coeur sur médiastin (C/M). Les patients DCL avaient une diminution significative du rapport C/M à15 mn et à4 h par rapport aux autres patients (respectivement, p< 0,005 et p < 0,001). La valeur prédictive (VP) positive d’un abaissement du ratio C/M à4h (valeur seuil de 1,36) pour un diagnostic précoce de DCL était de 94%, et la VP négative de 96%. Le taux de lavage était seulement discriminant entre DCL et MA.

En conclusion, la scintigraphie cardiaque au MIBG pourrait permettre d’aider àdiagnostiquer précocément les DCL. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18509631

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