Analyse de la presse Alzheimer

Le 17 juillet 2008, par Louis LEVY,

Déclin cognitif de patients atteints de dégénérescence lobaire fronto-temporale et comparaison aux patients Alzheimer. Résultats d’une étude anatomo-clinique

(Neurology. 2008 May 27 ;70(22):2036-45, M. Grossman) Ces auteurs se sont intéressés àl’histoire naturelle cognitive de patients atteints de dégénérescence lobaire fronto-temporale (DLFT) histologiquement confirmée. Trois groupes histologiques de 40 patients ont été étudiés : deux groupes avec DLFT, selon la présence d’inclusion Tau+ (n=17 ; moyenne d’âge au moment de l’évaluation initiale de 64,8 ans et MMS moyen de 19,9 ; le suivi moyen de 17,7 mois), ou non (Tau - ; n=11 ; 63,9 ans ; 22,5 ; 23,6 mois), et un avec des patients présentant une forme frontale de démence de type Alzheimer (DTA ; n=12 ; 63,7 ans ; 21,75 ; 28,6 mois). Les patients étaient appariés pour l’âge initial, le niveau éducatif, la durée d’évolution de la maladie et sa sévérité. Le bilan neuropsychologique était standardisé et explorait différents domaines cognitifs. Une aggravation dans tous les domaines cognitifs fut retrouvée chez tous les patients, mais avec des différences significatives selon les groupes histologiques : Les patients Tau + présentaient d’avantage de difficultés pour la copie de figures géométriques et ceux Tau - plus d’erreurs lors de l’épreuve de dénomination visuelle. Au cours du suivi, les performances de ces derniers déclinaient plus rapidement pour les épreuves de mémoire de reconnaissance verbale. Les patients DLFT avaient des scores significativement moins bons que les DTA concernant la fluence verbale.

En conclusion, cette étude anatomo-clinique montre des différences de profil évolutif des sous groupes histologiques de patients DLFT. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18420483


Facteurs affectant la prescription de mémantine dans la maladie d’Alzheimer (Alzh Dis & Assoc Disord 2008 ; 22 :137-143. AJ Lerner) Dans cette étude les auteurs se sont intéressés àla fréquence et aux variables associées àla prescription de la mémantine chez 117 patients souffrant de maladie d’Alzheimer possible et probable légère àmodérée et modérément sévère vus consécutivement de novembre 2003 àdécembre 2006. Le diagnostic de sévérité de la démence reposait sur les scores du MMS et de la CDR. Ainsi, la maladie d’Alzheimer légère était définie par un score de CDR = 1 ou un score du MMS > 15. Sur les 117 patients inclus dans cette étude, 37% de ceux souffrant de maladie d’Alzheimer légère selon les critères MMS (n = 94) et 38% de ceux souffrant de maladie d’Alzheimer légère selon les critères CDR (n = 86) étaient traités par mémantine. Indépendamment de la CDR, plus le score du MMS était bas plus la probabilité d’être traité par la mémantine était élevée (OR MMS = 7,45 ; intervalle de confiance 95%, 1,50-37,05). La CDR n’était en revanche pas associée àla prescription de mémantine. En contrôlant àla fois le MMS et la CDR, la probabilité pour les sujets caucasiens d’être traités par mémantine était plus élevée que pour les afro-américains (OR = 6,47 ; intervalle de confiance 95%, 1,25-33,39). Les patients traités par d’autres traitements que la mémantine avaient aussi plus de chance d’être traités par la mémantine que ceux qui ne recevaient aucun traitement (OR = 3,15 ; intervalle de confiance 0,995-9,97). Huit autres variables testées n’étaient pas des facteurs prédictifs significatifs de traitement par la mémantine.

Conclusion : la prescription de mémantine dans la maladie d’Alzheimer légère est fréquente. Les facteurs qui sous-tendent la prescription méritent qu’on s’y intéresse parce que leurs implications pour le coà»t de la santé, l’équité dans l’accès aux soins et les risques d’interactions médicamenteuses sont nombreuses. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18525285


Incidence des troubles cognitifs, avec ou sans démence, après 75 ans (Neurology 2008 May 6 ;70(19 Pt 2):1778-85. B. Caracciolo) Ces auteurs se sont intéressés àl’incidence des troubles cognitifs, avec ou sans démence, dans une population suédoise de plus de 75 ans suivie depuis au moins 9 ans. Pour les troubles sans démence, deux diagnostics étaient possibles, une forme amnésique de MCI (Mild cognitive impairment selon les critères de Petersen) ou une autre atteinte cognitive sans démence (OCIND, other cognitive impairment no dementia). L’incidence des démences fut évaluée grâce au suivi de 1 435 participants, et celle des troubles cognitifs sans démence àpartir d’une cohorte de 1 070 personnes. L’incidence pour les démences pour 1 000 personnes-années fut de = 70,4 (64,0 - 77,4), pour la forme amnésique de MCI de 11,4 (8,6 à15,1), pour l’OCIND de 33,8 (28,7 à39,8). En tenant compte de la mortalité durant le suivi, l’incidence corrigée était de 13,7 (10,3 - 18,2) pour les MCI et 42,1 (36,5 - 48,6) pour l’OCIND. La distribution selon le sexe était la même pour les deux groupes. Enfin, il existait une augmentation des taux d’incidence avec l’âge, qui persistait notamment au delà80 ans, après correction pour la mortalité. Les troubles cognitifs sans démence après 75 ans ont donc une incidence élevée après 75 ans, et augmente avec l’âge. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18184916


Perception de la maladie, coping et bien être chez les patients souffrant de MCI et leurs aidants (Alzh Dis & Assoc Disord 2008 ; MF Weiner) Les auteurs se sont intéressés au vécu des patients et de leurs aidants àqui le diagnostic potentiellement évolutif de MCI est annoncé. Les réactions psychologiques, la perception de la maladie et le coping de 46 patients et 29 aidants ont été ainsi analysés àl’aide de questionnaires. Les aidants et les patients rapportaient des niveaux de bien être psychologique normaux montrant moins de désespoir que les aidants de patients souffrant de maladie d’Alzheimer. Les stratégies de coping centrées sur le problème (coping actif) et sur l’émotion (acceptation) étaient davantage utilisées que celles de coping dysfonctionnemental (par exemple auto-distraction) àla fois par les patients et leurs aidants. Les 2 groupes tendaient àminimiser la possibilité de conversion vers une maladie d’Alzheimer et étaient adeptes de l’exercice physique et intellectuel, de l’optimisme, des modifications des habitudes alimentaires et de la réduction du stress comme stratégies pour prévenir la conversion. Si les patients atteints de MCI minimisaient leurs déficits, les aidants rapportaient une moyenne de 24 h par semaine de soutien et aide et soulignaient que les patients MCI avaient réellement besoin d’aide pour les activités complexes. Les répondeurs rapportaient une faible utilisation des services officiels mais anticipaient le recours substantiel ultérieur àde telles aides.

Conclusion : ces résultats suggèrent que les patients atteints de MCI et leurs aidants ont plutôt tendance àminimiser la menace de la conversion vers une maladie d’Alzheimer et àpercevoir cette évolution comme contrôlable et évitable avec les activités de promotion de la santé. Les implications pour le développement de programmes d’intervention pour les patients et leurs aidants sont certainement àdévelopper.


Anomalies de la substance blanche dans le syndrome de dégénérescence cortico-basale et corrélation avec l’apraxie des membres (Arch Neurol 2008 ;65 :79-801. B Borroni) Si les anomalies de la substance grise sont bien décrites dans la dégénérescence cortico-basale, celles de la substance blanche le sont beaucoup moins. Dans cette étude IRM en séquences de tenseur de diffusion et séquences morphométriques par voxel 20 patients souffrant de dégénérescence cortico-basale et 21 témoins appariés ont été comparés. Les séquences en tenseur de diffusion ont montré une diminution de l’anisotropie fractionnée dans les faisceaux associatifs longs fronto-pariétaux, les fibres associatives intra-pariétales et le corps calleux. L’anisotropie fractionnée était aussi diminuée au niveau des projections sensorimotrices des aires corticales de représentation de la main. Les images morphométriques ont montré une réduction prévalente de la substance grise dans l’hémisphère gauche (dans les cortex frontal inférieur et prémoteur, l’opercule pariétal, le gyrus supratemporal et l’hippocampe). Les 2 pulvinars et le cortex cérébelleux droit étaient aussi atrophiques. L’apraxie des membres était corrélée àl’atrophie pariétale et aux réductions d’anisotropie fractionnée dans les fibres associatives pariéto-frontales (p < 0,01). La composante cinétique de l’apraxie était corrélée àla réduction des fibres associatives sensorimotrices de la main.

Conclusion : ces résultats montrent que la substance grise et les anomalies des axones dans la phase de début de la maladie sont présentes et contribuent àclarifier les bases neurales de l’apraxie dans la dégénérescence cortico-basale. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18541800


Démence et insuffisance rénale chronique traitée par dialyse ; fréquence, cause et étude des facteurs de risque. (J Ren Nutr. 2008 Jul ;18(4):347-54. YC Huang) Les atteintes du système nerveux central sont la première cause, avec les pathologies cardiovasculaires, de morbidité et de mortalité chez les insuffisants rénaux chroniques dialysés. Ces auteurs taïwanais se sont intéressés tout particulièrement au risque de démence chez ces patients. Les données de 147 de ces patients ont été analysées, notamment les facteurs de risque vasculaires (hypertension artérielle, diabète, tabagisme, bilan lipidique, homocystéinémie) mais aussi d’autres facteurs comme le niveau de scolarisation, l’albuminémie, ou les fonctions hépatiques. L’appréciation du niveau cognitif reposait sur le score au MMS. Pour classer la démence, les auteurs ont utilisé les critères du DSM-IV (pour la démence de type Alzheimer) et l’échelle ischémique d’Hachinski. Sur 147 patients, 26 présentaient une démence (17,7%), dont 21 avaient un score d’Hachinski entre 0 et 4, i.e avaient une démence de type Alzheimer (80,7% des déments). Pour 19,3% des patients le diagnostic de démence vasculaire fut retenu (score d’Hachinski supérieur ou égal à7). Les deux seuls facteurs indépendants associés au risque de démence furent une hypoalbuminémie et un illettrisme. L’hyperhomocystéinémie n’était pas un facteur de risque.

En conclusion, selon cette étude clinique, les patients insuffisant rénaux chroniques dialysés semblent plus àrisque de développer des démences de type Alzheimer que vasculaires. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18558299

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