Analyse de la presse Alzheimer

Le 15 octobre 2008, par Louis LEVY,

Pression artérielle élevée et risque de déclin cognitif

(Johnson KC et al. J Am Geriatr Soc. 2008 Aug ;56(8):1449-58.) Dans cette étude nord américaine, l’influence d’une hypertension artérielle (HTA) sur le déclin cognitif a été évaluée sur le plan des fonctions supérieures chez 7 149 femmes saines et âgées de plus de 65 ans (âge moyen initial = 71 ans +/- 3,8). L’évaluation des fonctions cognitives reposait sur la version modifiée du MMS (Modified Mini-Mental State Examination ou 3MS). Le score moyen initial des participantes était de 95,2 sur 100 (SD 4,3). Après un suivi moyen de 4,5 ans, les résultats ont montré que les femmes sans HTA avaient des scores au 3MS supérieurs àceux des hypertendues (p=0,001), mais cette différence disparaissait après ajustement pour les autres variables (p= 0,17). Des résultats similaires étaient retrouvés concernant le risque de développer une démence probable ou des troubles cognitifs légers (MCI). En conclusion, dans cette étude prospective réalisée chez des femmes âgées, une tension artérielle élevée n’était pas un facteur de risque indépendant de déclin cognitif.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18637980


Un taux bas de HDL cholestérol est un facteur de risque pour un déficit et un déclin mnésique àla cinquantaine.

(Singh-Manoux A et al. Arterioscler Thromb Vasc Biol 2008 ;28 :1556-1562.) Dans cette étude ancillaire de la Whitehall Study les auteurs ont cherché àsavoir s’il existait un lien entre les lipides sériques àjeun et la mémoire verbale àcourt terme. 3 673 personnes ont bénéficié de 2 dosages du cholestérol total, du HDL cholestérol (HDL-C), des triglycérides et de 2 évaluations de la mémoire verbale àcourt terme (reposant sur une liste de 20 mots) àun âge moyen de 55 ans puis àun âge moyen de 61 ans. Les facteurs confondant comme le niveau culturel, la profession, une pathologie coronarienne, un AVC, une HTA, un traitement médicamenteux, un diabète, un tabagisme et la consommation d’alcool étaient contrôlés. Par comparaison aux taux élevés de HDL-C (> 60 mg/dl), un taux bas d’HDL-C (< 40 mg/dl) était associé àun plus grand risque de troubles mnésiques àla 1ère évaluation (OR = 1,27) et àla 2ème évaluation (OR = 1,53). Une diminution du HDL-C sur le suivi de 5 ans était associée àun déclin mnésique (OR = 1,61). Le phénotype de l’APOE epsilon-4 ne modifiait pas les résultats. Conclusion : le taux de HDL-C est variable et un taux bas est associé àdes troubles de la mémoire et àun déclin mnésique chez les sujets de la cinquantaine. Il pourrait donc s’agir d’une stratégie de prévention facile àmettre sur pieds si ces résultats sont confirmés.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18591462


Dysfonctionnement du bas appareil urinaire et démence.

(Sakakibara R et al. Int J Urol. 2008 Sep ;15(9):778-88.) Les auteurs font le point sur les troubles des fonctions sphinctériennes, principalement ceux concernant le bas appareil urinaire, des patients déments. La prévalence de ces troubles chez ces patients est estimée àenviron 50% mais varie énormément en fonction du mode de recrutement, de 11% chez les malades ambulatoires à90 % chez ceux institutionnalisés. Cette prévalence est supérieure àcelle des patients non déments et une étude cas témoin avait notamment montré que 53% des déments étaient incontinents contre 13% de ceux non déments. De plus, ces troubles sont fréquents et invalidants : deux tiers des patients déments ont au moins un épisode d’incontinence par semaine. La fréquence de ces troubles semble différée en fonction de l’étiologie de la démence ; ils toucheraient 11 à15 % des patients atteints d’une démence de type Alzheimer (DTA) et non institutionnalisés contre 50 % de ceux avec une démence vasculaire. D’autre part chez ces derniers, les troubles surviennent de façon beaucoup plus précoce alors qu’en cas de DTA ils ne concernaient que les malades avec atteinte cognitive évoluée. De même, un dysfonctionnement urinaire est plus fréquent et plus précocement retrouvé en cas de DCL que de DTA. Enfin, les auteurs rappellent les différentes possibilités thérapeutiques notamment concernant les médicaments anticholinergiques centraux et leurs potentiels effets aggravants cognitifs (toutefois seul l’oxybutynine semble bien passer la barrière hématoencéphalique).

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18643858


Absence de démence à115 ans

(den Dunnen WF et al. Neurobio Aging 2008 ;29 :1127-1132.) L’étude des centenaires menée àla Salpêtrière il y a quelques années montrait que la plasticité cérébrale persistait au-delàde 100 ans. Les auteurs ont eu l’opportunité d’évaluer une femme âgée de 112-113 ans et surtout d’autopsier son cerveau. Les tests cognitifs montraient que ses performances globales étaient supérieures àcelles de témoins âgés de 60-75 ans (il n’y a pas de normes pour les âges aussi avancés !). L’analyse anatomopathologique montra la quasi absence de lésions d’athérosclérose dans les différents organes. Les auteurs n’ont trouvé que quelques dépôts de protéine Tau phosphorylée, l’absence de plaques amyloïdes ou lésions vasculaires soit un stade 2 de la classification de Braak. Le nombre de cellules du locus coeruleus était similaire àcelui des témoins sains âgés de 60-80 ans. Conclusion : cette observation montre que les fonctions cognitives peuvent être performantes au-delàde ce qui est habituellement observé pour la plupart des individus et que les maladies du cerveau ne sont pas inéluctables, même chez ceux qui ont largement dépassé les 100 ans.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18534718


Imagerie multimodale, mémantine et maladie d’Alzheimer

(Schmidt R et al. J Neurol Neurosurg Psychiatry 2008 Jun 27. Epub ahead of print.) Dans cet essai randomisé mené sur 1 an en double aveugle mémantine (20 mg/j) versus placebo, 36 patients souffrant de maladie d’Alzheimer modérée ont bénéficié d’évaluations comparatives à26 et 52 semaines du métabolisme du glucose global et régional, des volumes cérébraux et hippocampiques ainsi que des pics de NAA et du myoinositol. Chez tous les patients à52 semaines, le métabolisme global du glucose diminuait de 2,3% (p < 0,01), le volume cérébral moyen de 2,1% (p < 0,0001) et le volume hippocampique de 2,7% (p < 0,01). La spectro RMN était artéfactée et hautement variable donc ininterprétable. La réduction du métabolisme du glucose dans toutes les régions cérébrales et celle du volume hippocampique (2,4% versus 4%) étaient moins importantes chez les patients traités par mémantine par comparaison àceux recevant le placebo. Aucune différence n’était observée pour les modifications du volume cérébral total. Conclusion : l’utilisation de plusieurs techniques d’imagerie (IRM et Pet-scan) pour évaluer la progression d’une maladie d’Alzheimer modérée permet de conclure que la mémantine possède des effets neuroprotecteurs. Ces techniques pourraient être incluses dans les prochains essais thérapeutiques. Il s’avère que la spectro RMN n’est pas fiable dans ce type d’étude longitudinale.


Mémantine pour les troubles cognitifs associés àla corticothérapie

(Brown ES et al. Biol Psychiatry 2008 ; June 24. Epub ahead of print.) Les modèles animaux ont montré que l’exposition aux corticoïdes est associée àdes modifications de la structure et du fonctionnement de l’hippocampe qui sont prévenues par les antagonistes des récepteurs NMDA. La maladie de Cushing et la corticothérapie sont associées àdes troubles de la mémoire et une atrophie hippocampique. Les auteurs ont cherché àsavoir si les troubles cognitifs induits par la corticothérapie pouvaient être atténués par la mémantine. 20 patients traités au long cours par des corticoïdes ont reçu pendant 8 semaines 20 mg/j de mémantine ou un placebo puis après une interruption de 4 semaines le même protocole en miroir. La mémoire déclarative était évaluée par le Hopkins Verbal Learning Test (HVLT) et l’humeur par l’échelle de Hamilton et la Young Mania Rating Scale. 17 patients ont terminé les 2 phases de l’étude. Une amélioration significative (p < 0,05) des scores de rappel global et différé du HVLT était constatée pendant la période de traitement par mémantine par comparaison au placebo. L’humeur ne variait pas. Conclusion : la mémantine est associée àune amélioration de la mémoire déclarative sans modification de l’humeur chez les patients traités par corticothérapie.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18582848


Dimebon et démence de type Alzheimer au stade léger àmodéré

(Doody RS et al. Lancet. 2008 Jul 19 ;372(9634):207-15) Un antihistaminique, le dimebon (60 mg/j) a été évalué dans cette étude multicentrique contre placebo, randomisée, réalisée en Russie chez 183 patients présentant une démence de type Alzheimer (DTA) (MMS entre 10 et 24 ; 89 sous traitement et 94 sous placebo). Le critère d’évaluation principal reposait sur l’évolution à26 semaines du score àl’ADAS-Cog (cognitive subscale of the Alzheimer’s disease assessment scale). Au total, 85% ont complété l’étude (88% dans le groupe dimebon, et 82% dans celui placebo). Un bénéfice significatif sur les fonctions cognitives fut retrouvé à26 semaines pour les patients sous dimebon (différence moyenne pour l’ADAS-Cog de -1,9 ; 95%CI de -2,92 à-0,85 ; p=0,0005). (p<0,0001).Les effets indésirables les plus fréquents furent une sécheresse buccale et une humeur dépressive (14% des patients traités dans les deux cas). Le pourcentage d’effets secondaires pour les patients sous dimebon fut comparable àcelui de ceux sous placebo.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18640457

Post-Scriptum :

Cette revue de presse est réalisée sous la seule responsabilité de PR Editions, Lundbeck n’intervenant ni dans la rédaction, ni dans la sélection des articles contenus dans cette revue de presse. Cette revue de presse est susceptible de contenir des informations hors AMM et/ou non validées par les autorités de santé.

Dans la même rubrique

Alzheimer : projet de décret
Personnes très dépendantes : un décret permet des structures de répit
Approches de projets de soins
Alzheimer : le mal du 21è siècle ?
Les trois quarts des résidents d’Ehpad souffrent de la maladie d’Alzheimer
Des réseaux gérontologiques dédiés à la maladie d’Alzheimer en projet à la MSA
Alzheimer et glucose
Alzheimer grande cause nationale 2007 ?
Le déclin cognitif léger pourrait être favorisé par la prise d’anticholinergiques !
L’étude du LCR au stade MCI
Faut-il prescrire un inhibiteur de la cholinestérase dans les Alzheimer évolués ?
Peut-on faire le diagnostic de maladie d’Alzheimer avec une prise de sang ?
Maladie d’Alzheimer : Analyse de la presse de référence
ALZHEIMER
Premiers essais des oméga 3 dans la maladie d’Alzheimer
Maladie d’Alzheimer : Revue de presse
OUTILS MUSICO-THERAPEUTIQUES
Infos maladie d’Alzheimer
L’Alzheimer au PET scan
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer
Détecter précocement la maladie d’Alzheimer
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer 4 juillet 2007
L’association Alzheimer le Havre Pays de Caux organise
Diagnostic précoce Alzheimer
Revue de presse Alzheimer juillet 2007
AINS et Alzheimer : une nouvelle étude relance le débat
LES TROUBLES COGNITIFS CHEZ LES PERSONNES ÂGÉES PEUVENT ÊTRE REPÉRÉS EN MÉDECINE GÉNÉRALE
Le nouveau plan Alzheimer
Les statines protègent-elles de la maladie d’Alzheimer ?
Revue de presse Alzheimer septembre 2007
Dérèglement précoce du GPS cérébral dans la maladie d’Alzheimer
Revue de presse Alzheimer octobre 2007
Plan Alzheimer : 48 mesures proposées ce jeudi à Nicolas Sarkozy
Revue de presse novembre 2007
Prévenir l’épuisement des aidants
Alzheimer : Lancement de la "carte de soins et d’urgence"
Un rapport du Régime Social des Indépendants sur les dépenses de santé liées à la maladie d’Alzheimer
La dernière lettre de successfull aging
Le lent épuisement des proches de malades d’Alzheimer
Revue de presse Alzheimer mai 2008
Presse de référence Alzheimer
Analyse de la presse Alzheimer
Des allergies à l’Alzheimer : un sacré bond pour le dimebon
DENUTRITION ET MALADIE D’ALZHEIMER
Deux anti-Alzheimer donnent des résultats prometteurs
Un logiciel pour mieux diagnostiquer la maladie d’Alzheimer au stade précoce
Analyse de la presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer de PR éditions
Maladie d’Alzheimer : des risques pour les aidants
Alzheimer : en parler autour d’un café
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer de PR éditions déc. 2008
Alzheimer : des symptômes avant le diagnostic
La maladie d’Alzheimer, un diabète du troisième type ?
CODEX un test rapide pour évaluer les fonctions cognitives
Comment différencier la démence du Parkinson et la démence à corps de Lewy ?
Alzheimer : ne pas traîner
Les médecins généralistes aussi efficaces que les cliniques de la mémoire

À propos de cet article

Dernière mise à jour le :
15 octobre 2008
Statistiques de l'article :
43 visiteurs aujourd'hui
21951 visiteurs cumulés
Mots-clés :

Google

La citation du jour

Visiteurs ! Où êtes-vous ?

Map IP Address
Powered byIP2Location.com

Identifiez-vous

Certaines rubriques du site ne sont accessibles qu'aux visiteurs identifiés


mot de passe oublié ?

SPIP 1.9.2c [10268] | BliP 2.4 | XHTML 1.0 | CSS 2.0 | RSS 2.0 | Espace privé
Visiteurs par jour (cumul) : 4352 (3370753)