Revue de presse Alzheimer de PR éditions

Le 26 octobre 2008, par Louis LEVY,

Polymorphisme de l’APOE et morphologie cérébrale dans le MCI (Thomann PA et al. Dement Geriatr Cogn Disord 2008 Oct 9 ;26(4):300-305) Le génotype de l’APOE est un facteur de risque de maladie d’Alzheimer àdébut tardif, mais son lien avec l’atrophie cérébrale est sujet àdiscussion. C’est la raison pour laquelle les auteurs ont cherché àsavoir si ce génotype pouvait être associé àl’atrophie cérébrale débutante dans le MCI. 83 patients atteints de MCI dont 42 d’entre eux n’avaient aucun allèle epsilon-4, 27 était hétérozygotes et 14 homozygotes pour cet allèle ont bénéficié d’IRM morphologique (VBM). Chez les patients homozygotes, l’IRM a montré une atrophie de la substance grise prédominant dans le lobe temporal mésial. Les patients hétérozygotes avaient une atrophie de la substance grise dans le gyrus frontal inférieur droit. En contrôlant les modifications parallèles de la substance blanche, l’atrophie était seulement détectée chez les sujets homozygotes et limitée aux gyri temporaux supérieur et moyen.

Conclusion : le génotype de l’APOE pourrait être associé dans le MCI avec les modifications structurelles décrites typiquement dans les tous premiers stades de la maladie d’Alzheimer.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18843182


Facteurs IRM prédictifs de survenue d’une démence de type Alzheimer (Hall AM et al. Alzheimers Dement. 2008 Jul ;4(4):271-9) Cent quarante huit sujets âgés, sains sur le plan cognitif, ont participé àcette étude visant àdépister des anomalies morphologiques cérébrales prédictives de la survenue d’une maladie d’Alzheimer. Ils ont été évalués en 1998-1999 sur le plan neuropsychologique et par IRM cérébrale avec mesures volumétriques des densités tissulaires corticales en IRM (voxel-based morphometry) puis ont été contrôlés selon le même protocole en 2002-2003. Les données des patients ayant évolué à5-6 ans vers une MA (n=127) ont été comparées àceux non atteints (n=127). Les résultats ont montré que ceux ayant développé une démence présentaient initialement une diminution significative du volume du basal forebrain, jusqu’à4,5 ans avant la survenue des symptômes cliniques. Les signes cliniques de démence apparaissaient plus tôt s’il existait de manière concomitante une atrophie hippocampique gauche.

En conclusion, l’atrophie du basal forebrain en IRM chez des personnes âgées sans troubles cognitifs est prédictive de la survenue d’une MA. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18631978


Vitamine E, démence de type Alzheimer et MCI : revue de la littérature. (Isaac MG et al. Cochrane Database Syst Rev. 2008 Jul 16 ;(3) CD002854) La vitamine E par ses propriétés antioxydantes pourrait permettre de ralentir le déclin cognitif en cas de démence de type Alzheimer (DTA) ou de troubles cognitifs légers (MCI). Cette revue de la littérature publiée a inclus les essais randomisés en double aveugle contre placebo sur des patients atteints de DTA ou de MCI. Seules 2 études étaient éligibles. Concernant les patients DTA, un bénéfice de la prise de vitamine E fut retrouvé uniquement lorsque le critère principal d’évaluation retenu associait la mortalité, l’institutionnalisation, la survenue d’une perte d’autonomie importante et/ou d’une démence sévère (CDR à3, Clinical Dementia Rating) : 58 % des patients traités ont atteint ce critère à2 ans contre 74% de ceux sous placebo (Odds Ratio = 0,49 ; 95%CI 0,25 à0,96). Des chutes ont été rapportées de manière significativement plus fréquente pour les malades sous vitamine E (12 sur 77 versus 4 sur 78 sous placebo ; OR= 3,07 ; 95% CI 1,09 - 8,62). Pour l’essai sur les patients MCI (257 participants sous vitamine E, 259 sous placebo ; critère d’évaluation principal le délai de progression vers une DTA), aucune différence entre les deux groupes ne fut mise en évidence aussi bien pour l’efficacité que la tolérance.

En conclusion, il n’y a pas àl’heure actuelle selon ces auteurs de données cliniques suffisantes permettant de conclure àun bénéfice net de la vitamine E sur les fonctions cognitives en cas de DTA ou de MCI. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18646084


Estimation de la prévalence de la démence àSao Paulo (Bottino CM et al. Dement Geriatr Cogn Disord 2008 Oct 9 ;26(4):291-299.) Dans cette étude épidémiologique de prévalence et visant aussi àdécrire les étiologies des démences les auteurs ont screené dans un premier temps tous les sujets âgés d’au moins 60 ans d’une communauté urbaine brésilienne, en l’occurrence àSao Paulo. Ensuite les patients bénéficiaient d’une évaluation clinique, biologique et radiologique (IRM cérébrale) pour répondre aux critères du DSM-IV. L’âge moyen des patients sélectionnés (n = 1 563) était de 71,5 ans et 58,3% avaient été scolarisés au moins 4 ans (69,7% étaient des femmes). Le diagnostic de démence était retenu chez 107 personnes soit une prévalence observée de 6,8%. Toutefois, la prévalence estimée selon le schéma de l’étude était de 12,9%. La maladie d’Alzheimer représentait l’étiologie la plus fréquente (59,8%) puis en 2ème position (15,9%) venaient les démences vasculaires. L’âge avancé et l’illettrisme étaient significativement associés àla démence.

Conclusion  : la prévalence estimée des démences pourrait être plus élevée que celle évaluée antérieurement au Brésil. La maladie d’Alzheimer et la démence vasculaire sont les 2 causes les plus fréquentes. Ces résultats issus de calculs théoriques méritent d’être confirmés par d’autres études dans les pays latino-américains afin de mieux adapter le système de santé pour les années àvenir dans ces pays.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18843181


Atteinte progressive des vaisseaux cérébraux de petite taille et retentissement cognitif : The Rotterdam Scan Study. (van Dijk EJ et al. Stroke 2008 Oct ;39(10):2712-9) Dans cette étude de population, ces auteurs néerlandais ont évalué la progression des lésions de type lacunaire et des lésions d’allure vasculaire de la substance blanche (SB) en IRM ainsi que le retentissement sur le plan cognitif chez 668 personnes non démentes, âgées entre 60 à90 ans. Le délai moyen entre l’IRM initiale et celle de suivi fut de 3,4 ans (SD 0,2). Les résultats ont montré que la charge lésionnelle initiale en IRM, l’âge élevé, une tension artérielle haute et un tabagisme actif étaient des facteurs de risque indépendants de progression des lésions cérébrales. Comparativement aux hommes, les femmes avaient une progression plus marquée concernant les lésions de la SB sous corticale et le nombre de lacunes. L’existence d’une hypertension artérielle n’aggravait pas les lésions cérébrales chez les patients avec initialement une atteinte vasculaire sévère ni chez les patients très âgés (après 80 ans). Enfin, les lésions de type vasculaire et particulièrement l’atteinte de la SB périventriculaire et les nouvelles lacunes étaient des facteurs favorisants de déclin cognitif, notamment sur la vitesse de traitement des informations.

En conclusion, il existe une progression parallèle des lésions des vaisseaux de petite taille et du déclin cognitif.


Les récepteurs 5HT1A corticaux sont associés àla dépression chez les patients souffrant de démence àcorps de Lewy et de démence parkinsonienne (Sharp SI et al. Dement Geriatr Cogn Disord 2008 Oct 8 ; 26(4):330-338.) Les récepteurs sérotoninergiques et notamment les récepteurs 5HT1A sont impliqués dans les syndromes dépressifs, mais leur éventuel rôle dans la dépression associée aux pathologies dégénératives comme la démence àcorps de Lewy et la démence parkinsonienne n’a pas été étudié. Dans cette étude post-mortem les auteurs ont évalué la densité des récepteurs 5HT1A àl’aide d’un marqueur radioactif dans le cortex temporal chez 10 patients souffrant de démence àcorps de Lewy, chez 17 patients souffrant de démence parkinsonienne et 9 témoins. La densité des récepteurs était significativement plus élevée dans les aires de Brodman BA 36 (région limbique) chez les patients atteints de démence àcorps de Lewy et de démence parkinsonienne et souffrant aussi de dépression sans différence pour l’aire 20 (aire temporale associative).

Conclusion  : la densité plus élevée des récepteurs 5HT1A dans l’aire BA36 dans la démence àcorps de Lewy et de démence parkinsonienne par comparaison aux témoins dépend des antécédents de dépression et non du diagnostic de maladie dégénérative. Un antagoniste des récepteurs 5HT1A pourrait donc être tout àfait adapté pour le traitement de la dépression dans les démences.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18841018


Risque d’accident vasculaire lié aux antipsychotiques chez les patients déments (Kleijer BC et al. J Psychopharmacol. 2008 Jul 17. [Epub ahead of print].) Il a été démontré que l’utilisation d’antipsychotiques (AP), atypiques ou non, chez les patients déments était associée àla survenue d’accidents cérébro-vasculaires. Ces auteurs néerlandais ont cherché àsavoir si cette association était dépendante de l’ancienneté de la prise de neuroleptique dans le cadre d’une étude cas contrôle chez des patients âgés (moyenne= 76 ans +/- 9,7) et déments. Plusieurs paramètres ont été analysés comme la durée de la prise d’AP, l’existence d’un antécédent d’utilisation, le caractère récent ou ancien du traitement. Par comparaison aux déments non traités, l’existence d’une utilisation courante et récente d’AP était associée àune augmentation du risque d’accidents cérébro-vasculaires (odds ratio [OR]=1,7 ; 95%CI= 1,4-2,2). De plus, pour une utilisation de moins d’une semaine l’OR était de 9,9 (95%CI de 5,7 à17,2) alors qu’après trois de traitement, le risque s’effondre pour devenir comparable àcelui des non traités (OR= 1,0 ; CI95% de 0,7 à1,3). Enfin une exposition chronique aux neuroleptiques n’était pas un facteur de risque d’accidents vasculaires.

En conclusion, le risque d’accident vasculaire pour les patients déments sous neuroleptique est important lors des premières semaines de la mise sous traitement puis décroît ensuite rapidement pour devenir négligeable.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18635700

Dans la même rubrique

Alzheimer : projet de décret
Personnes très dépendantes : un décret permet des structures de répit
Approches de projets de soins
Alzheimer : le mal du 21è siècle ?
Les trois quarts des résidents d’Ehpad souffrent de la maladie d’Alzheimer
Des réseaux gérontologiques dédiés à la maladie d’Alzheimer en projet à la MSA
Alzheimer et glucose
Alzheimer grande cause nationale 2007 ?
Le déclin cognitif léger pourrait être favorisé par la prise d’anticholinergiques !
L’étude du LCR au stade MCI
Faut-il prescrire un inhibiteur de la cholinestérase dans les Alzheimer évolués ?
Peut-on faire le diagnostic de maladie d’Alzheimer avec une prise de sang ?
Maladie d’Alzheimer : Analyse de la presse de référence
ALZHEIMER
Premiers essais des oméga 3 dans la maladie d’Alzheimer
Maladie d’Alzheimer : Revue de presse
OUTILS MUSICO-THERAPEUTIQUES
Infos maladie d’Alzheimer
L’Alzheimer au PET scan
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer
Détecter précocement la maladie d’Alzheimer
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer 4 juillet 2007
L’association Alzheimer le Havre Pays de Caux organise
Diagnostic précoce Alzheimer
Revue de presse Alzheimer juillet 2007
AINS et Alzheimer : une nouvelle étude relance le débat
LES TROUBLES COGNITIFS CHEZ LES PERSONNES ÂGÉES PEUVENT ÊTRE REPÉRÉS EN MÉDECINE GÉNÉRALE
Le nouveau plan Alzheimer
Les statines protègent-elles de la maladie d’Alzheimer ?
Revue de presse Alzheimer septembre 2007
Dérèglement précoce du GPS cérébral dans la maladie d’Alzheimer
Revue de presse Alzheimer octobre 2007
Plan Alzheimer : 48 mesures proposées ce jeudi à Nicolas Sarkozy
Revue de presse novembre 2007
Prévenir l’épuisement des aidants
Alzheimer : Lancement de la "carte de soins et d’urgence"
Un rapport du Régime Social des Indépendants sur les dépenses de santé liées à la maladie d’Alzheimer
La dernière lettre de successfull aging
Le lent épuisement des proches de malades d’Alzheimer
Revue de presse Alzheimer mai 2008
Presse de référence Alzheimer
Analyse de la presse Alzheimer
Des allergies à l’Alzheimer : un sacré bond pour le dimebon
DENUTRITION ET MALADIE D’ALZHEIMER
Deux anti-Alzheimer donnent des résultats prometteurs
Un logiciel pour mieux diagnostiquer la maladie d’Alzheimer au stade précoce
Analyse de la presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer de PR éditions
Maladie d’Alzheimer : des risques pour les aidants
Alzheimer : en parler autour d’un café
Revue de presse Alzheimer
Revue de presse Alzheimer de PR éditions déc. 2008
Alzheimer : des symptômes avant le diagnostic
La maladie d’Alzheimer, un diabète du troisième type ?
CODEX un test rapide pour évaluer les fonctions cognitives
Comment différencier la démence du Parkinson et la démence à corps de Lewy ?
Alzheimer : ne pas traîner
Les médecins généralistes aussi efficaces que les cliniques de la mémoire

À propos de cet article

Dernière mise à jour le :
26 octobre 2008
Statistiques de l'article :
32 visiteurs aujourd'hui
19997 visiteurs cumulés
Mots-clés :

Google

La citation du jour

Visiteurs ! Où êtes-vous ?

Map IP Address
Powered byIP2Location.com

Identifiez-vous

Certaines rubriques du site ne sont accessibles qu'aux visiteurs identifiés


mot de passe oublié ?

SPIP 1.9.2c [10268] | BliP 2.4 | XHTML 1.0 | CSS 2.0 | RSS 2.0 | Espace privé
Visiteurs par jour (cumul) : 2553 (3134425)