L’imagerie cérébrale dévoile des stigmates de l’autisme

Le 13 février 2009, par Louis LEVY,

Les nouvelles techniques d’imagerie cérébrales feront-elles bientôt la lumière sur les véritables causes de l’autisme ? Un groupe de chercheurs français dirigé par Nathalie Boddaert (service hospitalier Frédéric-Joliot, Orsay, Inserm et CEA) le postule.


Les zones temporales d’un enfant de 8 ans souffrant d’autisme diffèrent de celles d’un enfant non atteint.

Des altérations observées chez 27 % des enfants atteints de ce " trouble envahissant du développement "

Elle annonce avoir mis en évidence, chez des enfants autistes, à partir de l’imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM), certaines anomalies cérébrales essentiellement localisées dans la région du lobe temporal. Les résultats de ce travail ont été mis en ligne le mardi 10 février sur le site de la revue PLoS ONE. Ils ont été présentés le même jour à Paris devant l’Académie nationale de médecine.

Aujourd’hui généralement défini comme un " trouble envahissant du développement ", l’autisme a, depuis un demi-siècle, opposé les partisans d’une approche " biologique " et ceux préférant une compréhension de nature " psychanalytique ". Les passions apparaissent toutefois aujourd’hui nettement moins vives que dans les années 1980. C’est ainsi que certains spécialistes de disciplines jadis opposées pensent désormais qu’une grille commune de lecture est possible.

L’étude française réalisée à partir de la technique de l’IRM a été menée auprès de 77 enfants souffrant de syndrome autistique. Les résultats obtenus ont été comparés à ceux établis auprès de 77 enfants constituant un groupe contrôle. " Notre analyse des images IRM cérébrales montre une diminution de la substance grise du sillon temporal au niveau du sillon temporal supérieur chez 21 enfants autistes, résument les auteurs de ce travail. Toutes les études convergent pour établir l’existence d’anomalies anatomiques et fonctionnelles dans cette région du lobe temporal impliquée dans l’organisation des stimuli nécessaires à la vie sociale. "

Les auteurs de cette publication estiment qu’il est désormais " indispensable " de pratiquer un examen par IRM " chez tout enfant chez lequel un retard mental et/ou un autisme est diagnostiqué ". En l’état actuel des disponibilités des services hospitaliers spécialisés, une telle proposition semble difficile à mettre en oeuvre.

Pour sa part, Bernard Golse, psychanalyste et chef du service de pédopsychiatrie de l’hôpital Necker-Enfants Malades (Paris), estime que ces derniers acquis sont pleinement compatibles avec une approche psychanalytique. Ces deux approches se focalisent pour l’essentiel sur le lobe temporal supérieur cérébral humain ainsi que sur les fonctions qui y sont localisées, qu’il s’agisse de mécanismes de reconnaissance des visages et de la voix ou des processus d’analyse des mouvements et d’articulation des flux sensoriels.

Jean-Yves Nau
© Le Monde

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13 février 2009
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